La Russie va t-elle attaquer l’Ukraine?

La Russie va t-elle attaquer l’Ukraine? La question est dans l’actualité, alors que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie ont rappelé dans leur pays leur personnel diplomatique présent en Ukraine. Les Etats-Unis répètent aussi à l’envie qu’une attaque de l’Ukraine est imminente. De l’autre côté, la Russie a déplace plusieurs unités militaires à la frontière de l’Ukraine et fait des manoeuvres dans la Biélorussie voisine.

Pour l’Amérique, c’est l’OTAN qui est au coeur des enjeux. Les pays européens n’ayant ni politique militaire commune, ni dépenses militaires suffisantes, les Américains protègent l’Europe grâce à l’OTAN. De cette manière, les Européens sont dans une forme de dépendance ou de vassalité vis à vis des États-Unis, et l’OTAN est un instrument de l’impérialisme européen en Europe. Dans ce cadre, malgré la dissolution de l’Union Soviétique, les Etats-Unis cherchent en permanence à élargir l’OTAN pour accroître leur influence. Joe Biden, en utilisant Poutine comme épouvantail, veut jouer sur les peur des Européens, en particulier à l’Est, pour taire les critiques européennes sur l’OTAN, éventuellement faire payer davantage les Européens pour son financement et renforcer son pouvoir. Un effet de bord d’un conflit en Ukraine pourrait aussi amener l’Allemagne et les pays européens tributaires du gaz russe à se tourner davantage vers le gaz américain : en effet, grâce au gaz de schiste, les États-Unis sont devenus un des premiers exportateurs mondial de gaz naturel.

La Russie elle, cherche à conserver une zone d’influence dans certains pays de l’ex URSS. L’enjeu est de renforcer la Communauté des États indépendants pour créer un autre bloc en cas de renforcement de l’Union Européenne. L’Ukraine, qui n’est dans l’OTAN, ni dans l’Union Européenne et culturellement très proche de la Russie, est considérée comme un espace géopolitique russe par la Russie, au même titre que la Biélorussie. La Russie n’a donc aucune envie de voir l’OTAN débarquer en Ukraine, qui lui ferait voir des militaires américains à ses frontières mais aussi qui la priverait d’un accès aux ressources ukrainiennes (en particulier les céréales). La Russie craint aussi qu’une déstabilisation de sa zone d’influence l’affaiblisse, éventuellement en provoquant par ricochet un morcelement de la Russie.

Une guerre classique est-elle possible? C’est assez peu probable. La Russie aurait peut à gagner à envoyer les chars sur Kiev, sauf à être certaine que le bloc occidental ne réagira pas. Cela l’isolerait au niveau international, et mettrait son image comme son territoire en péril. Pour les Etats-Unis, entrer dans un conflit armé réél n’est pas non plus une bonne idée. Même si l’armée russe est bien plus faible que l’armée américaine, elle a la bombe atomique et une guerre de front serait coûteuse et compliquée pour les Etats-Unis. De plus, avec l’OTAN (donc les Européens) d’un côté, et la Chine soutenant la Russie, cela provoquerait une guerre mondiale aux conséquences incertaines.

En revanche, une guerre hybride, avec des attaques informatiques, de la désinformation, de la déstabilisation psychologiques et des menaces, des mercenaires est beaucoup plus probable et d’une certaine manière, elle a déjà commencé. C’est la spécialité de la Russie, dont le président, rappelons-le, est issu des services secrets. Quant à la zone de conflit, elle est probablement assez limitée. La Russie ayant envie de garder une forme de légitimité et n’ayant pas envie de forcer les Européens à intervenir – en particulier la France, qui conserve une armée relativement solide avec l’arme nucléaire -, ni les Américains, se limitera au grand maximum à l’Ukraine, mais plus probablement seulement à essayer de partitionner l’Ukraine, pour créer de nouvelles Transnistrie ou Abkhazie qu’ils ne vont pas annexer officiellement (Donetsk, Lougansk évidemment, probablement d’autres zones, peut-être toute la côte de la mer d’Azov) mais où leur influence serait préservée.

Les nouveaux chanteurs n’aiment pas le français

Une exception française est en train de disparaître. Pendant longtemps, la musique produite en France se faisait majoritairement dans la langue locale. Cela s’observe également dans quelques grands pays européens (Italie, Espagne, Pologne, Russie), mais ailleurs dans le monde, cela fait déjà au moins trente ans que la musique commerciale (disons les plus gros artistes) chantent très majoritairement en anglais. C’est le cas en Scandinavie, aux Pays-Bas ou en Allemagne. Souvenez-vous, Abba ou Scorpions, cela ne date pas d’hier. En revanche, depuis un peu moins de dix ans, on observe une rapide progression de chanteurs français chantant en anglais. En général, il s’agit de nouvelles générations, bilingues en anglais, bien plus mondialisées que leurs aînés : à l’heure de Netflix, on connaît mieux ce qui se passe à New York que dans son quartier, donc on chante directement en anglais. Le phénomène s’amplifie rapidement et pourrait même dans quelques décennies ghettoïser les chanteurs qui chantent en français. Ironie du sort et pour l’anecdote, les Allemands suivent le chemin inverse : depuis les années 2000, ils ont recommencé à chanter en allemand.

Évidemment, inutile de parler du monde de l’électro. Les musiciens et les DJ de la fameuse French touch ont été des pionniers dans l’adoption de l’anglais dès les années 1990. Daft Punk, David Guetta ou Bob Sinclar sont des stars à Miami et la coqueluche des producteurs américains. La relève est assurée avec des artistes comme Madeon.

Dans le rock, l’anglicisation date du début des années 2010. Les derniers groupes à la mode – Shaka Ponk, Skip the Use, Stuck in the Sound – chantent tous en anglais. Ils dégagent pas mal d’énergie, par contre les textes sont moins intéressants, bienvenue dans le monde du globish. Même chez les anciens la tentation est grande : Détroit (le groupe de Bertrand Cantat, ex-Noir Désir) a fait plusieurs titres en anglais et Indochine met de plus en plus d’anglais dans ses chansons. Étonnament, Superbus, précurseur en la matière, a toujours des refrains en anglais et quelques titres anglophones, mais le groupe semble vouloir garder une base francophone solide. La scène métal n’est pas épargnée. Les poids lourds français d’aujourd’hui, tels Dagoba ou Gojira, chantent en anglais quand leurs aînés (Mass Hysteria par exemple) chantaient en français.

Le reggae est fortement imprégné de critique du système – Babylone … – et de défense des cultures et des peuples. Pour cette raison, les artistes chantent généralement dans leur langue natale. C’est encore le cas, pourtant là aussi ce n’est plus tout à fait la norme. Début janvier, un concert regroupait autour de Sinsemilia quelques étoiles du reggae et ragga français, dans un morceau Reggae addict’s connection. Le titre et le refrain sont en anglais, mais tous les participants chantaient les couplets en français. Tous, c’est à dire Sinsemilia, Bouchkour et Komlan de Dub Inc, Balik de Danakil… sauf un, le jeune Naâman. Ce jeune aux yeux rouges chante toujours en anglais avec l’accent jamaïcain, tellement archétype du reggaeman qu’il en perd toute personnalité – il rappelle parfois un peu Pierpoljak dans sa période jamaïcaine. Ce n’est pas un cas isolé. Parmi les jeunes groupes de reggae en anglais à succès, il faut citer Jahneration, groupe emmené par deux jeunes chanteurs parisiens bien proprets.

La variété française résiste bien à la déferlante de l’anglais. La langue, c’est un peu sa spécificité : difficile de faire du Brassens ou du Brel dans la langue de Shakespeare. Ainsi, il n’y a pas vraiment de chanteur français de variété qui remporte du succès en chantant en anglais. Les plus gros vendeurs de l’année dernière, Renaud, Christophe Maé, Kendji Girac, Louane chantent tous en français. Mylène Farmer est sans doute une exception, elle chante de plus en plus en anglais, malgré un accent plutôt mauvais. Une autre exception, la jeune chanteuse Marina Kaye fait tous ses titres en anglais, poussant le mauvais goût jusqu’à chanter en anglais sur un album de reprises de Daniel Balavoine. Toutefois, c’est toujours les Vianney, Joyce Jonathan ou Indila qui emportent les faveurs du public.

Dans le rap, musique populaire par essence, où on décrit son quotidien, l’anglais est impossible : dans les rues de Seine-Saint-Denis, du Val-d’Oise ou des quartiers nords de Marseille, on ne parle pas anglais. En revanche, s’ils chantent en français, la majorité des rappeurs des années 2000 sont à l’image de la culture des cités françaises : américanisée. Au menu, vêtements de sport, on parle arme, drogue, alcool, sexe tarifé, voitures de luxe et grosses coupures. Bienvenue dans le monde de MTV, du rêve américain et de la société de consommation. Heureusement, certains sortent du lot, comme Orelsan, Big Flo & Oli.

En revanche, au Maghreb, de nombreuses chansons en arabe contiennent des passages en français, sans doute pour favoriser l’exportation dans la diaspora. Si les chanteurs français abandonnent leur langue, le salut du français viendra peut-être de l’Afrique.

Le racolage actif des chanteuses américaines

De plus en plus, les chanteuses américaines utilisent le sexe pour vendre. Alors même que les gens sont davantage pudique qu’il y a 30 ou 50 ans, la nudité n’a jamais été aussi exposée à la télévision. Les chanteuses n’ont jamais été aussi sexualisées. En regardant les clips américain, on a de plus en plus l’impression de regarder une publicité pour du gel douche, quand ce n’est pas un film érotique. Madonna avait donné le ton, puis plus tard Britney Spears, Jennifer Lopez ou Shakira, cela continue avec Lady Gaga, Beyoncé, Fergie, Miley Cyprus, Rihanna, Selena Gomez, Nicki Minaj, Ariana Grande : la liste est longue. Les clips des chansons Can’t Remember to Forget You et Yoncé en sont une parfaite illustration. Les chansons ont de moins en moins de paroles mais de plus en plus de filles en strings. Tout porte à croire que si tu veux être rentable dans la pop ou le R&B, tu as intérêt à racoler tes clients avec ton corps plutôt qu’avec ta voix. Dommage, certaines de ces filles sont de vraies chanteuses.

Une victoire de Trump ne serait pas si grave

Les médias de toute l’Europe parlent tous les jours de la primaire américaine. Quand il y a une élection fédérale allemande, on en parle pendant environ une heure. Pour les États-Unis d’Amérique, c’est toujours un mois minimum, avce une piqûre de rappel à chaque ‘flash info’. Si on avait un doute sur qui a le pouvoir sur l’information mondiale, on est fixé.

Comme à chaque élection présidentielle américaine, les médias européens sont enthousiastes pour le candidat démocrate. Pour les journalistes européens, Hillary Clinton va gagner, c’est certain. Pourtant, pour le réalisateur Michael Moore, le résultat est plus incertain et je partage son analyse. Donald Trump, le chien fou prêt à tout pour séduire la frange la moins éduquée du peuple, a des troupes motivées. Quant à Hillary Clinton, elle souffre de sa proximité avec les milieux financiers et reste comme une arête en travers de la gorge des partisans de Bernie Sanders.

Hillary Cliton est évidemment une candidate raisonable pour les américains, même si c’est la candidate de l’establishment et qu’elle ne semble pas motivée pour apaiser les tensions avec la Russie. Donald Trump lui, est populiste, vulgaire, une sorte de Berlusconi sauce ketchup qui serait sorti d’un mauvais remake cinématographique comme Hollywood sait parfois si bien le faire. Cependant, une victoire de Donald Trump pourrait ne pas être si négative que ça. Il a présenté un programme plus isolisationiste et a critiqué l’OTAN qu’il trouve « obsolète » et qui « coûte une fortune », ainsi que l’accord TAFTA. Ce désangagement pourrait être une opportunité pour les pays européens pour prendre plus d’indépendance vis-à-vis de leur partenaire d’outre-atlantique et pour jouer de nouveau un grand rôle sur la scène internationale. Évidemment, pour cela, il faudrait des meneurs charismatiques et déterminés en Europe, ce qui pour l’instant n’existe pas.

Obama : le bilan

Barack Obama n’est pas trop vieux, plutôt cool et sympa, fait du basket, est métis. Il fait « moderne », cependant cela ne fait pas un bilan. Barack Obama a été très bon en communication tout au long de son mandat ; au moment où son départ approche, regardons ce qu’il a fait.

À son crédit, on peut mettre avant l’évolution du système de santé, même si la couverture maladie universelle n’a pas été réalisée. Il a aussi soutenu le mariage homosexuel entré en vigueur en 2015. Pour le reste, il n’y a pas vraiment de quoi fanfaronner.

Son bilan en matière des affaires étrangères est mauvais :

  • Obama a affiché un désintérêt, voire un mépris, pour les états d’Europe occidentale, quand bien même si ceux-ci, partenaires historiques de l’Amérique, n’ont cessé de le courtiser ; le président américain trouve l’Asie plus séduisante ;
  • Il s’est complétement désengagé militairement et diplomatiquement des conflits au Moyen-Orient que son pays a pourtant activement provoqué les années précédentes, laissant pourrir la situation et se développer le terrorisme islamiste ;
  • A contrario, les États-Unis d’Amérique ont été actif en Ukraine pour essayer de rallier le pays dans le giron de l’OTAN. Même si Poutine a eu une attitude offensive qui n’a pas facilité les choses, Obama a participé à l’escalade des tensions avec les Russes dans le but de renforce son emprise sur l’Europe de l’Est. Dans le cadre de la crise syrienne, ol a aussi pendant de nombreux mois refusé de se mettre à la table des négociations avec les Russes pour faire front commun, faisant perdre du temps à tout le monde ;
  • Grande tradition américaine, Obama aura au final assuré un soutien solide à la politique israélienne, même si avec un peu moins d’enthousiasme que ses prédecesseurs. Il a aussi protégé ses intérêts dans la région en chérissant l’Iran et l’Arabie saoudite.

Surtout, Barack Obama a été le champion des pratiques illégales et liberticides :

  • Il n’a toujours pas fermé la prison illégale de Guantanamo où la majorité des détenus n’ont jamais été condamnés par la justice, alors que c’était une des promesses de sa première campagne ;
  • Il a espionné massivement (cf programme PRISM) les citoyens et les entreprises de son pays, ainsi que les Européens et le reste du monde. Il a cherché à neutraliser par tous les moyens les lanceurs d’alertes tels que Chelsea Bradley Manning, Edward Snowden, Julian Assange ;
  • Il a développé massivement l’usage de drones tueurs assassinant des gens dans des pays avec lesquels les États-Unis ne sont officiellement pas en guerre.

En conclusion, Obama après Bush, c’est un peu comme Hollande après Sarkozy : c’est un nouveau style de présidence, mais le bilan n’est pas meilleur. Bref, on sera vraiment heureux quand il sera parti. On a déjà peur du prochain président du plus puissant état du monde.