Macron veut tuer le train

Cette semaine, le gouvernement français était tout fier d’annoncer le lancement d’une nouvelle mesure issue de la loi Macron : le développement du transport en autocar sur de longues distances. L’idée ? Les prix du train étant chers et peu accessibles aux plus démunis, des transports à bas coûts en autocar pourrait permettre aux « pauvres » de se déplacer. Tout ceci, comme en Amérique, modèle tant apprécié.

Cette mesure n’a pas de sens. Si les prix du train sont trop chers, la logique serait de subventionner davantage le chemin de fer afin de rendre accessible ce service à tous. Ou mieux, de favoriser l’augmentation des salaires. Mais non : on préfère que les plus pauvres continuent d’être sous-payés et prennent des sous-transport.

Le train est écologique, rapide, sûr (pas d’accidents), public et la France a le meilleur réseau d’Europe. La SNCF, et les régions françaises qui gèrent le TER, vont perdre avec la concurrence des autocars une partie importante de leurs usagers, donc de leurs recettes et ne pourront ni investir ni récupérer leurs investissements passés. Cette réforme ne va pas aider la population : l’état va donner donner de l’argent public à des transporteurs routiers privés, qui dès qu’ils auront tué le trafic ferroviaire, augmenteront leur prix au même tarif que le sont les prix du train actuellement, pour un service nettement inférieur.

Dans quelques années, on voyagera donc moins vite, moins confortables, plus dangereusement et aussi cher qu’aujourd’hui. Merci Monsieur le ministre !

Les Républicains

Nicolas Sarkozy a une idée : renommer son parti Les Républicains. Probablement que ce sera rapidement validé par ses pairs. L’intérêt ? Faire oublier toutes les affaires que traine l’Union pour un mouvement populaire (UMP) comme un boulet, les problèmes des Balkany, Woerth, Dassault, Copé etc. Le truc avait déjà été utilisé lors de la création de l’UMP, pour faire oublier le vieux RPR : le nom rappelait trop aux électeurs la politique et les magouilles de Chirac et Pasqua. En plus de sembler nouveau, le nom Les Républicains sonne énormément américain, peu étonnant quand on connait l’atlantisme forcené de Sarkozy. Inutile de présenter le Republican Party de Reagan et de Bush père et fils. Bonne nouvelle : les réactionnaires se reconnaitront bien dans ce nouveau nom.

En chien de faïence, le gouvernement de Manuel Valls fait une politique de plus en plus libérale. Le symbole en est la loi Macron (en réalité : loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques). François Hollande, qui s’est dit l’ennemi de la finance lors de la campagne électorale de 2012, a en fait choisi un banquier au ministère de l’Économie. Finalement, la politique économique d’Hollande/Valls est très proche de celle de Sarkozy/Fillon. Le Parti socialiste n’a guère de socialiste plus que le nom. On pensera évidemment au Democratic Party américain ou au Labour Party anglais.

Bref, la politique française ressemble de plus en plus à la politique nord-américaine : deux grands partis, différents sur les questions sociétales mais très proches sur le reste… Seule originalité : un parti d’extrême-droite fort. Tout cela n’est guère ragoûtant !