Les ventes de disque stagnent, la désinformation monte

On a coutume de dire qu’en France, la presse est libre est indépendante. Si on observe bien, il est clair que ce n’est pas toujours vrai. Concernant un sujet, c’est toujours faux, et ceci depuis plusieurs années : l’industrie de la musique.

Ce mardi, j’observe sur Yahoo France la dépêche suivante, provenant le l’AFP : « Les ventes de livres et de disques ont stagné en 2005 en France, illustrant la morosité économique de secteurs bousculés par l’arrivée des nouvelles technologies, selon des chiffres publiés mardi. (…) Le constat n’est pas plus réjouissant pour l’industrie du disque: son chiffre d’affaires a baissé d’environ 3% en 2005 alors que le volume des ventes s’est stabilisé, selon le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). « 2005 est encore une année à la baisse », a déploré le directeur général du SNEP, Hervé Rony. Selon le SNEP, le marché de la musique numérique (téléphonie mobile et internet) a en revanche augmenté en 2005 pour représenter quelque 30 à 35 millions d’euros (deux tiers venant de la téléphonie mobile, un tiers d’internet), environ quatre fois plus qu’en 2004. « On est dans une phase où les pertes du marché physique continuent alors qu’elles commencent à peine à être compensées par le numérique », a expliqué M. Rony à la presse. »

C’est un des exemples de manipulation de l’information. Comme par hasard, et comme d’habitude, l’auteur a omis de mentionner la hausse constante de la vente de DVD. Le nombre de DVD achetés continue d’augmenter. En effet, il y a eu 120 millions de copies vendus pour l’année 2004 (soit plus de 1840 millions d’euros rapportés, source CNC), 76 millions de DVDs avaient été vendu en 2003, 40 millions en 2002, 25 millions en 2001 (source SEV). Or, c’est la même industrie qui édite les DVDs et les CDs audio (Universal etc.). Une omission bien bizarre, surtout qu’elle est systématique dans les médias. Le message qui circule en Europe comme en Amérique est « l’industrie du disque est en crise » alors qu’on peut supposer qu’aucune perte conséquente n’est enregistrée chez les majors. Bien entendu, tout ceci sert de justification pour essayer de faire passer des lois renforçant le pouvoir des majors comme le fameux projet DADVSI en France, et plus largement l’EUCD en Europe et le DMCA aux États-Unis.

Évidemment, les médias omettent également de parler du prix élevé des CD. Le nombre de CD achetés baisse, mais le prix moyen d’un album est passé de 15 à 25 euros en 5 ans. Au final, les majors doivent quand même pas perdre tant que ça. Ensuite, on peut attribuer cette baisse de vente aux majors eux mêmes : de moins en moins d’artistes signés, mais avec de plus en plus de passage sur les ondes (parfois la même chanson plusieurs fois par heures sur certaines radios). Le choix et la qualité diminue, les consommateurs achètent moins, ce qui parait logique. On peut aussi se rendre compte facilement que jamais en France les majors n’ont eu autant de publicité que ces dernières années, où des émissions de musique-télé-réalité comme Star Academy font de la publicité pendant au moins une heure par jour sur les grandes chaines nationales. L’industrie réalise finalement des millions de ventes sans effort pour des chansons oubliées trois mois après.
Ce n’est pas tout !

La désinformation ne s’arrête pas là. Depuis plusieurs années on nous parle toujours de procès ou d’arrestation contre « des pirates qui téléchargent illégalement de la musique sur internet » alors que rien dans la loi française ne stipule clairement que le téléchargement sur internet est illégal – il pourrait être assimilé à de la copie privée – et que dans les cas cités par la presse, il s’agit quasiment toujours de personnes qui faisaient commerce de leur téléchargement. J’ai aussi entendu que « le nombre de téléchargement sur internet a baissé de x% » alors qu’évidemment aucune statistique fiable ne peut mesurer une telle chose – les gens qui ont peur que ce soit illégal ne s’en vantent pas.

Bref, la presse dans son ensemble (journaux, télé, radio) diffuse des informations biaisées sur le sujet de la musique et cela dure depuis plusieurs années. Une première explication facile serait que tous les journalistes sont des incompétents notoires qui ne réflechissent pas. La deuxième, davantage plausible, est que les médias sont manipulés comme des marionnettes par les lobbies du mutimédia. Une preuve que l’information est volontairement déformée, c’est que la figure de proue de ces lobbies en France, Pascal Nègre (PDG d’Universal Music France, et qui a travaillé auparavant pour BGM, Colombia et Polygram), est invité à toutes les émissions sur le sujet, avec généralement personne en face pour faire un vrai débat. Que reste-t-il de la liberté de la presse ?

DADVSI, a new threat to our freedom

Probably you have heard about the Digital Millennium Copyright Act (DMCA), in USA. In European Union is a DMCA-like directive called EUCD (the French version is called DADVSI), on the harmonisation of certain aspects of copyright and related rights in the information society.

Only Czech Republic, France and Spain have not implemented this Directive to date, but the French government wants now to implement it fast in the 22-23 December night. I tell you about this bill here because you can help EU citizens, and because this kind of bill will probably comes to your country one day.

Why do we fight the DADVSI bill ? An answer is on the http://eucd.info site : « Creating your own compilations from a CD, extracting your favourite piece of music to listen to it on your computer, transfering it on a MP3 player, lending a CD to a friend, reading a DVD with free software or duplicating it to be able to enjoy it at home and in your country house : many common practices, perfectly legal, which the French government plans to forbid in fact. The copyright and neighbouring rights in the information society bill (DADVSI) (n°1206) which the French government will try to force through in the coming weeks by using an emergency procedure, actually legitimates the technical devices installed by CD and DVD editors and producers to control their use. And above all, the bill plans criminal penalty against people who would dare to remove those. »

There is a petition, some big groups signed it, such as Mandriva or Sun Microsystem. Perhaps your organizations could sign it too, and all of you who want to fight against this kind of restrictions against citizen’s freedom, free software and free art. The petition is there (at the top it is for individuals, at the bottom for organisations).