Un an avec François Hollande

Cela fait un an que François Hollande a été élu président de la République. Un an que l’on voyait des larmes de joie place de la Bastille à Paris, des gens avec le slogan « le changement c’est maintenant » à la bouche. Depuis, l’enthousiasme s’est estompé, ce n’est pas le paradis escompté. Certes il y a un changement de style, le président est plus posé, plus responsable, plus respectueux. Cependant, il n’a pas l’air très dynamique, laissant craindre une gestion de pays à la manière dont il a géré le Parti socialiste pendant dix ans auparavant : mollement, sans objectifs et sans audace. La situation économique est morose : les délocalisations continuent, le chômage augmente.

Tout n’est pas noir. Certains sites, comme luipresident, énumèrent ses actions. La rémunération du Président de la République et des ministres a été baissée. Une banque publique d’investissement a été créée, le plafond du livret A et du livret de développement durable ont été agumentés pour les épargnants. Le retour à la retraite à 60 ans à taux plein pour ceux qui ont cotisé la totalité de leurs annuités a été mis en place. La circulaire dite « Guéant » sur les étudiants étrangers a été abrogée. Des zones de sécurité prioritaire ont été créées dans les endroits sensibles. Côté politique étrangère, on notera la reconnaissance de l’état palestinien et le retrait des troupes d’Afghanistan. Bien sûr, le droit au mariage et à l’adoption a été étendu aux couples de même sexe.

On ne voit pas cependant pas venir l’abrogation d’Hadopi, ni la suppression des tas de niches fiscales favorables aux plus riches, ni la défense des services publics, des droits des consommateurs, des logiciels libres ; pas non plus d’action en faveur du prix des loyers qui mine le pouvoir d’achat. Aucun projet de fermeture de centrale nucléaire de Fessenheim n’a été annoncé (il s’agirait plutôt de la prolonger). Pas grand chose contre la fraude fiscale. Beaucoup de lois sensées combattre la finance ont été vidées de leur substance.

Au bout d’un an, difficile donc de tirer des conclusions de la politique menée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Tout n’est pas aussi mauvais que le « hollande-bashing » comme l’UMP et du FN le clament ; mais tout n’est pas si beau que laissait croire le programme du parti socialiste. Si on est heureux que le gouvernement ne paie plus des pages de publicités dans les journaux pour vanter son action, ni ne commande à tour de bras des sondages au frais du contribuable, on regrettera ses maladresses de communication (ministres qui se contredisent, actions méconnues du public etc.). Le nec plus ultra de la mauvaise communication ? Jean-Marc Ayrault qui annonce qu’on va privatiser davantage les entreprises publiques le jour même où Jean-Luc Mélenchon fait sa grande manifestation contre l’austérité et la politique du gouvernement.