Présidentielle 2017 : Jean Lassalle

L’élection présidentielle française de 2017 aura lieu les dimanches 23 avril et 7 mai prochain. Chaque jour, nous allons présenter un candidat. Ce lundi, c’est au tour de Jean Lassalle.

Sympathique, Jean Lassalle est le seul élu à défendre les zones rurales. Sa grève de la faim pour éviter le départ et sa marche à pied à travers la France l’ont fait connaître dans les médias. Il parle naturellement, à l’opposé de la sophistication d’un Emmanuel Macron. Il rappelle Jacques Chirac par sa gauloiserie et François Bayrou parce qu’il est béarnais et de centre droit. Lassalle n’est pas libéral et veut protéger les services publics et dynamiser l’économie sans en faire payer le prix aux travailleurs, à l’inverse de François Fillon ou d’Emmanuel Macron. Pour l’anecdote, lors du débat à 11 organisé par BFMTV le 4 avril, il acquiesce aux propos de Jean-Luc Mélenchon à de nombreuses reprises. Catholique, il a voté contre le mariage pour tous en 2013.

Côté programme, Jean Lassalle est pour le rétablissement du service militaire, sortir de l’OTAN, se désengager des guerres « en Orient et au Mali », créer une force de cyber-défense (comme en Allemagne), nationaliser certains grands groupes privés, lutter contre l’évasion fiscale et la finance. Il est donc proche du gaullisme, mais veut continuer l’aventure européenne dans la configuration d’une Europe des nations mais interrompre les traités de rapprochement avec les États-Unis d’Amérique (TAFTA) et le Canada (CETA).

Renzi tente un hold-up du Sénat italien

L’Italie s’apprête à voter par référendum pour le changement de constitution voulu par Matteo Renzi. Selon Renzi, une nouvelle constitution permettra d’accélerer le processus législatif, de simplifier les échanges entre les deux chambres parlementaires, de gagner en efficacité et de permettre à l’Italie de se développer. L’argument de rapidité législative est étonnant : une loi en démocratie doit se faire à tête reposée, avec un temps pour la réflexion et les amendements. Nous ne sommes pas dans un contexte économique où on veut de la productivité, mais dans un contexte législatif, qui nécessite de la rigueur et de l’analyse.

La nouvelle constitution, si elle passe, aura des conséquences importantes sur la vie politique italienne. En effet, elle prévoit que les sénateurs ne seront plus élus directement par la population au suffrage universel, mais par les conseillers régionaux, parmi eux-mêmes et parmi les maires des communes. Ce système, proche du système français, pose plusieurs problèmes en Italie. D’une part, les électeurs ne votent pas directement pour leurs représentants à la Chambre des députés (on vote pour un parti, qui désignera les députés), ils n’auront donc plus de parlementaires élus directement. Dans un pays où les hommes politiques sont souvent corrompus et à la merci de la mafia, c’est un recul démocratique. De plus, le Sénat représentant les régions, va voir son nombre de parlementaires diminué par trois et perdre en pouvoir, mettant quasiment fin au bicaméralisme. Deux autres points négatifs concernant les sénateurs, ils cumuleront leur mandat avec leur autre fonction élective et ils auront l’immunité. Enfin, la réforme ne simplifiera pas le processys de productions des lois, mais en réalité le complique, puisqu’il y aura au minimum 7 procédés législatifs différents dans les normes qui régulent le nouveau Sénat.

La totalité des partis d’oppositions sont opposés au référendum, qui est perçu probablement à juste titre comme une tentative de Renzi de s’affranchir de la contrainte parlementaire. On a du mal à comprendre l’intérêt que pourrait avoir cette nouvelle constitution : quel que soit le résultat ce dimanche, ce n’est pas cela qui fera diminuer le chomâge, empêchera l’émigration des jeunes diplômés ou relancera l’activité économique.

Une victoire de Trump ne serait pas si grave

Les médias de toute l’Europe parlent tous les jours de la primaire américaine. Quand il y a une élection fédérale allemande, on en parle pendant environ une heure. Pour les États-Unis d’Amérique, c’est toujours un mois minimum, avce une piqûre de rappel à chaque ‘flash info’. Si on avait un doute sur qui a le pouvoir sur l’information mondiale, on est fixé.

Comme à chaque élection présidentielle américaine, les médias européens sont enthousiastes pour le candidat démocrate. Pour les journalistes européens, Hillary Clinton va gagner, c’est certain. Pourtant, pour le réalisateur Michael Moore, le résultat est plus incertain et je partage son analyse. Donald Trump, le chien fou prêt à tout pour séduire la frange la moins éduquée du peuple, a des troupes motivées. Quant à Hillary Clinton, elle souffre de sa proximité avec les milieux financiers et reste comme une arête en travers de la gorge des partisans de Bernie Sanders.

Hillary Cliton est évidemment une candidate raisonable pour les américains, même si c’est la candidate de l’establishment et qu’elle ne semble pas motivée pour apaiser les tensions avec la Russie. Donald Trump lui, est populiste, vulgaire, une sorte de Berlusconi sauce ketchup qui serait sorti d’un mauvais remake cinématographique comme Hollywood sait parfois si bien le faire. Cependant, une victoire de Donald Trump pourrait ne pas être si négative que ça. Il a présenté un programme plus isolisationiste et a critiqué l’OTAN qu’il trouve « obsolète » et qui « coûte une fortune », ainsi que l’accord TAFTA. Ce désangagement pourrait être une opportunité pour les pays européens pour prendre plus d’indépendance vis-à-vis de leur partenaire d’outre-atlantique et pour jouer de nouveau un grand rôle sur la scène internationale. Évidemment, pour cela, il faudrait des meneurs charismatiques et déterminés en Europe, ce qui pour l’instant n’existe pas.

Youtube et la censure

Quand on fait des vidéos sur YouTube, on peut demander à être rémunéré. Grâce à la publicité affichée par YouTube lors du visionnage, le créateur du contenu est payé en fonction du nombre de vues. Ce qui était moins connu il y a encore quelques jours (car maintenant c’est affiché explicitement sur les vidéos), c’est que YouTube se réserve le droit de supprimer des vidéos du programme de monétisation. Ainsi, YouTube s’oppose aux « contenus traitant de sujets et d’événements controversés ou sensibles, tels qu’une guerre, un conflit politique, une catastrophe naturelle ou une tragédie, même si des images choquantes ne sont pas diffusées », sauf si elle est « humoristique ou liée à l’actualité, et a été créée dans l’objectif de divertir ou d’informer les internautes (et non de les offenser ou de les choquer) ».

En pratique, la démonétisation est probablement signalée par des algorithmes ou des délateurs, puis effectuée avec le contrôle d’un humain (difficile de comprendre l’humour pour un ordinateur). Ce procédé pousse donc les Youtubeurs à l’auto-censure et garde un œil sur la publication de contenu. Au final la presse écrite fait de même : les journalistes n’ont généralement pas la possibilité d’aller contre les annonceurs de leur journal. C’est juste une bonne piqûre de rappel : quand vous mettez du contenu en ligne sur Youtube, Facebook et consorts, vous êtes soumis à leur directive. Ce n’est pas identique à mettre du contenu sur l’Internet de façon traditionnelle.

Un nouveau blog pour de faux

Malgré les apparences, ceci n’est pas un nouveau blog. C’est simplement une nouvelle jeunesse, afin de diffuser du contenu dans de meilleures conditions. Pendant onze ans, le blog Esprit Vif a été herbergé sur les pages personnelles de Free (sous Debian) et s’est basé sur Dotclear. Merci infiniment aux personnes qui ont rendu cela possible. Désormais, Le poisson qui parle, son successeur et sa continuité, tourne grâce à WordPress et CentOS.

L’arrivée d’un fil Twitter est aussi une nouveauté, qui permettra de partager des liens intéressants et d’échanger davantage sur l’actualité.

Tous les anciens articles seront progressivement reportés ici, ainsi que les commentaires associés. Bonne lecture !