Les anti-vaccins et l’absence de rigueur scientifique

Agnès Buzyn, hématologue et ministre de la Santé, a annoncé vouloir porter de trois à onze le nombre de vaccins obligatoires en France pour les enfants. Serait ajouté au vaccin obligatoire DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite), ceux contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, l’infection par la bactérie Haemophilus influenzae, le pneumocoque et le méningocoque C. En pratique, il s’agit presque d’une formalité. En effet, les huits vaccins restants sont recommandés et presque tous les enfants les ont, mais de plus, les vaccins obligatoires sont souvent combinés avec d’autres recommandés pour une seule injection. Par exemple, le vaccin appelé « DTCP-Hib » inclut, en plus de DTP, la coqueluche et les infections à Haemophilus influenzae. Tordons le cou à une idée reçue, cette vaccination obligatoire n’est pas une spécificité française pour protéger nos laboratoires. Une dizaine d’autres pays européens ont une vaccination obligatoire. De plus, de nombreux pays européens où la vaccination n’est que « recommandé » ont dans les fait un taux de vaccination plus élevé qu’en France.

On observe une levée de bouclier importante face à cette vaccination obligatoire. Sur les réseaux sociaux sont partagés des dizaines d’articles incitant les gens à ne pas se vacciner. Le phénomène prend une telle ampleur qu’il en devient inquiétant, pour plusieurs raisons. La principale, c’est que la vaccination sauve des vies. Par conséquent, refuser de vacciner son enfant, c’est aussi prendre le risque qu’il meurre ou qu’il transmette une maladie mortelle à un enfant qui ne peut pas être vacciné (parce qu’il a une pathologie ou une allergie). Un seul exemple : le tétanos. Le tétanos peut s’attraper facilement dès qu’on a une plaie, suite à une blessure, une morsure de chien, une griffure de chat, un tatouage ou une opération chirurgicale. Le tétanos entraîne la mort dans 20 à 30 % des cas. Pour les chanceux, la guérison passe souvent par des soins intensifs. Autre fait, le vaccin antitétanique est considéré comme très sûr et efficace par le monde médical et n’entraîne que très peu de réactions allergiques (quelques cas par million de doses).

Est-ce que les laboratoires se font beaucoup d’argent avec les vaccins ? Ce n’est pas leur activité la plus rentable, mais oui, ils ne le font pas à perte. Lesdits laboratoires ont donc un intérêt commercial, mais cela invalide t-il leur produit pour autant ? Si le commercial est sournois, le chercheur biologiste peut être sérieux et le produit peut être bon quand même. Je regrette personnellement que l’industrie pharmaceutique ne soit pas un service public. L’état doit bien sûr contrôler et surveiller la production. Les scandales sanitaires existent (sang contaminé, amiante, Servier) mais cela n’est pas pour ça que tout est pourri. Une entreprise pharmaceutique qui rate ses vaccins ou ses médicments va aller rapidement à la faillite, ce n’est pas son intérêt économique. Il faut reconnaître que l’industrie pharmaceutique est un lobby dangereux pour la démocratie et que, c’est vrai, il y a des cas rares de graves effets secondaires après la vaccination. Ceci ne doit cependant pas mettre en cause la validité de la vaccination. On touche ici l’élément clef : les anti-vaccins, et la population en générale, a beaucoup de mal à comprendre un raisonnement scientifique. Il est intéressant de lire les discours et de regarder les écrits de ses « antivax » : ils se basent souvent sur des rumeurs, des sources pas très fiables, ils ne recoupent pas leur informations… Pour l’anecdote, j’ai vu un internaute relayer une information qu’il avait vu sur un site entre un article sur « L’Islam et la résistance au Nouvel Ordre Mondial », un autre sur « Le secret de Toutankhamon qui aurait pu détruire le sionisme », en passant par les illuminatis et les huiles essentielles. Une visite rapide sur un moteur de recherche aurait pourtant permis à un béotien de trouver des informations détaillées et pédagogiques d’universités francophones ou de l’Organisation Mondiale de la Santé. Tristement, beaucoup de gens relaient les informations qu’ils lisent ou qu’ils entendent sur les réseaux sociaux, sans même chercher à les vérifier.

La lutte contre la vaccination relève à la fois de l’obscurantisme et de l’absence de méthode de réflexion. On attribue aussi au monde de la science de vouloir comploter contre le peuple. C’est du fantasme. Il n’y pas de sujet passés sous silence par les scientifiques. La communauté scientifique – quel que soit le domaine, archéologie comme mathématiques – est diverse et variée. Il y a des chercheurs dans des universités richissimes avec des tonnes de brevets, des chercheurs isolés passionnés qui économisent sur leur confort pour leur passion, il y a des athées, des bouddhistes, des libéraux, des socialistes. Il y en a de tous bords politiques et religieux. Il y a des scientifiques au Japon, en France, en Iran, en Russie, en Argentine. Tous ont des motivations différentes : le partage, la reconnaissance par leurs pairs, l’argent, l’enseignement. Bref, si une chose géniale ou dangereuse est découverte, c’est impossible à cacher, cela sortira toujours par quelqu’un.

Il y a cinquante ans, quand les virus faisaient tomber les gens comme des mouches (polio, coqueluches etc), personne n’aurait eu l’idée d’être anti-vaccin. Aujourd’hui, quand tout le monde est sain à cause de la vaccination, que des virus sont quasi éradiqués, on entend « les vaccins, ça sert à rien, c’est dangereux » …

Le ch’ti est-il une langue ?

Le ch’ti, que les linguistes appelent « picard » (c’est la même langue) est considérée par les linguistes comme une langue romane bien distincte du français. Parlé en Picardie, dans une partie du Nord-Pas-de-Calais et au sud-ouest de la Belgique, on observe des variations géographiques, mais le lexique est le même, tout comme la grammaire et la construction des phrases.

Il y a peu de littérature en picard. Cela s’explique par le fait que le picard a été supplanté très tôt par le français chez les élites. On trouvait cependant pas mal de textes au picard au Moyen-Âge, comme par exemple ceux d’Adam de la Halle. Plus récemment il y a eu les textes de Jules Mousseron (entre-deux guerres) mais cela reste anecdotique, presque plus personne n’écrit en picard.

Une graphie du picard fait consensus (Feller-Carton) et il existe des manuels de grammaires du XXe siècle, mais rien n’est officiel. La langue est grandement menacée, il ne faut donc pas s’attendre à ce que cela s’améliore, si tant est qu’il y ait un besoin. Il y a évidemment des caratéristiques grammaticales propres au picard, comme par « el carette Batisse » pour « la charette de Baptiste », construction d’origine latine qui nécessite une préposition en français mais pas forcément en picard.

Enfin, le picard est étudié à l’Université de Lille 3, l’université d’Amiens et même aux États-Unis d’Amérique (voir ici).

On pourrait ergoter sur le fait que le ch’ti soit un dialecte ou un patois. En fait, la limite entre dialecte et langue est très subtile. Un dialecte ou un patois est souvent une petite langue qui n’est pas reconnue par une entité politique. Dany Boon a parlé avec des mots qu’il a appris avec sa maman : c’est donc bien une langue organisée, qui permet de communiquer et d’exprimer des idées. L’unique question à se poser est donc la suivante : est-ce une langue distincte des langues déjà existantes ? Pour le ch’ti-picard, il n’y a pas débat, il était déjà écrit avant l’an 1000 et les francophones vivant en dehors de sa zone géographique ne le comprennent que très peu. Si vous avez un doute, demandez à quelqu’un d’une autre région de traduire une chanson d’Edmond Tanière.

Présidentielle 2017 : Résultats du premier tour

Dans quelques jours, on saura qui est le nouveau président de la République française. En attendant, il est tant de faire le bilan du premier tour de l’élection présidentielle.

Emmanuel Macron est premier, avec 24,01 %. Il y avait un risque que sa candidature se dégonfle dans l’urne, tant il était visible qu’il est le candidat des médias et de l’oligarchie ; cela n’a pas eu lieu. Symbole s’il en faut, il réalise son meilleur score dans les départements de Paris et des Hauts-de-Seine. Malgré les manifestations contre la loi El Khomri et l’ardeur du mouvement Nuit debout, malgré la présence du candidat au sein du quinquennat sortant, malgré le soutien de Manuel Valls et de François Hollande, Emmanuel Macron a réussi à se qualifier et arriver premier.

François Fillon a fait 20,01 %, score étonnament élevé compte tenu des affaires révélées durant la campagne. Il a sans doute pu compter sur le soutien des catholiques intégristes, des personnes âgées et des fidèles de la droite. En 2009, Arnaud Montebourg expliquait qu' »une chèvre pourrait être élue avec l’investiture UMP à Neuilly » : appremment, cela marche aussi un peu à l’élection présidentielle. François Fillon a probablement perdu des voix au profit de Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Emmanuel Macron. En réalité, la droite a payé son obstination : si elle avait placé François Baroin à la place de Fillon, elle se serait hissée facilement au deuxième tour.

Jean-Luc Mélenchon améliore de près de 8 points son score de 2012 et récupère 19,58 % des suffrages. Il est arrivé premier dans plusieurs grandes villes de France, telles que Montpellier, Lille, Marseille, Toulouse, Le Havre, Grenoble, Saint-Étienne, Nîmes. Il est arrivé premier aussi dans plusieurs départements. Le candidat de la France insoumise échoue cependant au pied du podium et n’arrive que quatrième. Il paye probablement sa division avec Benoît Hamon (voire avec Philippe Poutou), car il ne lui manquait que 2% pour être au second tour.

Quant à Marine Le Pen, elle peut s’estimer chanceuse d’avoir réussi à se qualifier pour le second tour. Malgré un contexte favorable pour son programme – chomâge fort, attentats terroristes – elle réalise un score national de 21,30 %, inférieur à celui des élections régionales de 2015 (27,73 %) et des européennes de 2014 (24,86 %). Elle doit plus sa place aux boulets que trainaient ses deux poursuivants (les affaires pour Fillon, la concurrence à gauche pour Mélenchon) qu’à sa campagne très moyenne. Son score reste cependant inquiétant et elle arrive en tête dans 8 régions sur 13.

Le deuxième tour oppose donc Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C’est à dire, deux candidats très populistes, tous deux ayant un discours très préparé, très politicien et des pans de programmes assez flous. Ils représentent aussi deux visages de la France : les mondialistes heureux, à Paris, Lyon et les grandes villes riches, de l’autre côté les oubliés du système. Ils ont aussi en commun d’avoir été particulièrement mauvais dans les débats avant le premier tour.

Évidemment, l’événement principal de cette campagne est la recomposition du paysage politique. Le Parti socialiste a été détruit, Benoît Hamon n’ayant fait que 6,36 %. Il est probable que le Parti socialiste renaîtra dans le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron, proche des « Hollandais » et des « Vallsistes », avec l’avantage d’être un parti libéral décomplexé qui ne doit plus supporter l’héritage du socialisme. Les plus à gauche du parti, peut-être Benoît Hamon lui-même, pourraient rejoindre La France insoumise de Mélenchon, si ce dernier arrive à capitaliser sur son bon score. Les Républicains ne sont pas détruits, cependant ils ne sont pas au deuxième tour et les deux candidats qualifiés leur prennent des voix.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consigne de vote pour le deuxième tour et La France insoumise a simplement demandé à ses sympatisants de ne pas voter Front national, c’est à dire laissant entendre que le vote blanc est aussi juste que le vote en faveur d’Emmanuel Macron. La consultation en ligne des sympatisants de la France insoumise a donné 36% des insoumis pour un vote blanc ou nul, 35% pour un vote Emmanuel Macron et 29% en faveur d’une abstention. En réalité, beaucoup de gens qui ne voteront pas Le Pen auront beaucoup de mal à mettre un bulletin Macron dans l’urne. Emmanuel Macron souffre du même handicap qu’Hillary Clinton aux États-Unis d’Amérique : difficle pour quelqu’un de gauche de se reconnaître dans ce type de candidat. La stratégie d’Emmanuel Macron et des médias pour l’entre-deux tours est de faire culpabiliser les gens qui veulent voter blanc, nul ou s’abstenir ; en revanche, aucun signe d’ouverture ou de rassemblement. C’est aussi le signe que la bataille des législatives a commencé : le camp En marche cherche à affaiblir La France insoumise qui pourrait le menacer sérieusement dans les circonscriptions de gauche.

Présidentielle 2017 : Bilan de la campagne

La campagne du premier tour de la présidentielle française de 2017 touche à sa fin. Il y a plusieurs enseignements à en tirer.

Le premier, c’est que les primaires sont un échec complet. Pour être élus à la primaire, les candidats ont dû développer un programme audacieux (un programme bien à gauche pour Hamon, bien à droite pour Fillon) qui a ensuite bien handicapé leur capacité à rassembler une fois désignés. Cela les a isolé de l’électorat global et les attaques de campagne de primaire a laissé des traces dans leur parti et leurs adversaires rechignent à respecter le choix des électeurs. Résultat des primaires, il est possible que ni Hamon ni Fillon ne soient au deuxième tour (pour Jadot, vainqueur de la primaire écologiste, c’est déjà certain depuis plusieurs mois).

Les deux thèmes omniprésents de la campagne ont été l’économie et le positionnement géopolitique de la France. Plusieurs candidats souhaitent rénégocier en profondeur la relation de la France avec l’Union Européenne (voire pour certain une sortie) ou sortir de l’OTAN. La position à adopter face aux conflits du Proche-Orient et la Russie a aussi été source de débats. Au sujet de l’économie, les débats ont principalement porté sur le chomâge et la relance de l’économie française. Une particularité aussi, quasiment tous les candidats se sont présentés comme représentant le chanegement ou étant anti-système (ce système pouvant être l’oligarchie financière ou les partis traditionnels), quand bien même ils auraient été récemment au gouvernement ou des professionnels de la politique depuis plusieurs décennies.

Une autre nouveauté de cette campagne était l’abandon du principe d’égalité stricte dès la publication de la liste des candidats au Journal Officiel. Or, un projet de loi de 2016 défendu par Jean-Jacques Urvoas a modifié ces règles, faisant que le temps de paroles des candidats est désormais réduit, entre autres, à leur poids dans les sondages. C’est grave, car les sondages peuvent se tromper (ils n’avaient prévu ni le passage d’Hamon, ni celui de Fillon, ni celui de Trump, par exemple), parce que certains sondages sont fait par des entreprises privées et pourraient favoriser certains candidats. De plus, il y a des indécis, des gens qui ne souhaitent pas communiquer leur vote. En réalité, il n’y a pas de « petits » ou de « grands » candidats. Tant que le vote n’a pas commencé, tous sont à 0% et devrait bénéficier d’un temps de parole égal. Nicolas Dupont-Aignan a d’ailleurs parlé à juste titre de viol démocratique.

Cette campagne dénote aussi par ses rebondissements. Tout d’abord, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls, François Hollande n’ont pas réussi à être candidats. Ensuite, François Fillon, candidat d’une droite unie, qui aurait dû avoir un boulevard devant lui, s’est empêtré dans le penelopegate. Emmanuel Macron, soutenu par les médias et l’oligarchie, a réussi à occuper tout l’espace médiatique, contribuant avec Jean-Luc Mélenchon et ses talents de tribuns à complétement eclipser Benoît Hamon, le candidat socialiste.

Le deuxième tour reste particulièrement ouvert. Quatre candidats – Le Pen, Macron, Fillon, Mélenchon – sont probablement capables de l’atteindre. Le Pen n’a aucune chance d’être élue, ayant peu de réserve de voix, mais le cas idéal pour elle serait de ce retrouver contre Fillon, où elle pourrait activer son hochet « UMPS » et l’attaquer sur ses affaires. Macron a les médias et l’oligarchie en soutien, c’est un atout qui pourrait aussi se retourner contre lui : on se souvient du TCE, vanté par les médias et boudé par les électeurs. Il fera probablement moins que les scores qu’on lui prête. Mélenchon est très présent sur Internet, il a fait une bonne campagne mais peut être plombé par les autres candidatures de gauche qui vont lui prendre des voix, en particulier Benoît Hamon et Philippe Poutou. Étant donné que la place au second tour se fera à quelques pourcentages prêts, cela peut lui jouer des tours. L’étiquette « dangereux extrémiste » que lui colle les médias pourraient aussi pousser des électeurs pourtant acquis à son programme à voter pour Macron, plus consensuel et gendre idéal. Fillon, lui, a une partie de la droite qui le suit par dépit (il a déclaré avec lucidité « Je ne vous demande pas de m’aimer, je vous demande de me soutenir ») et le soutien sans faille des catholiques intégristes. Cependant, son positionnement pendant les primaires d’honnête homme contre la corruption et les révélations ensuite, sa promesse non tenue qu’il se retirerait s’il est mis en examen et sa mauvaise défense vont le miner. Sa présence au deuxième tour dépend directement du ratio de sa base d’électeurs qui va se reporter sur Macron, Lassalle et Dupont-Aignan.

Présidentielle 2017 : François Fillon

François Fillon a gagné la primaire de la droite et du centre en se positionnant pour le libéralisme économique, pour la tradition et pour l’honnêteté. En août 2016, il lance à propos de Nicolas Sarkozy : « Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen? (…) Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable ». Ce sont les trois points qui l’handicapent aujourd’hui pour rassembler derrière lui la droite, alors que Jean Lassalle, Emmanuel Macron et Nicolas Dupont-Aignan chassent sur ses terres.

Pour l’honnêteté, évidemment cela ne marche plus. L’affaire des emplois fictifs de sa femme (le « penelopegate » ou « affaire Fillon »), le salaire de ses enfants embauchés comme attachés parlementaires alors qu’ils n’avaient pas le diplôme requis, les costumes et les montres de luxe qu’il a reçu en cadeau, sa société de conseil etc. mettent en lumière tout un système d’enrichissement personnel.

Cependant, son côté catholique rigoriste, qui suit le Vatican a la lettre, énerve aussi certains esprits à droite. François Fillon s’est opposé au PACS, à la légalisation de l’avortement et au mariage pour tous. Il s’appuie durant sa campagne sur le groupe Sens commun, mouvement politique contre le mariage homosexuel comptant des catholiques intégristes. Il s’oppose aussi à l’adoption des couples homosexuels et veut « lutter fermement contre le totalitarisme islamique ».

Enfin, sa ligne économique libérale dure est un pari risqué : même à droite, elle est parfois qualifiée de « sectaire » – c’est par exemple le terme employé par Dominique Tiberi, qui soutient Macron. En effet, Fillon a un programme libéral décomplexé, à la Margaret Thatcher. Ainsi, il veut reculer la retraite à 65 ans, alléger les charges sociales et les impôts des sociétés, perséverer dans le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), encourager l’autonomie des écoles, collèges et lycées, supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, rendre dégressives les allocations chômage, baisser l’impôts sur les successions, augmenter la TVA, supprimer l’ISF, rendre plus facile les licenciements, assouplir la loi sur les logements sociaux, augmenter la durée du travails, supprimer l’aide médicale d’état et diminuer le remboursement des soins de santé. Sur l’écologie, François Fillon veut sortir du principe de précuation, relancer les OGM et le gaz de schiste. Il ne s’en cache pas, il est le candidat des grandes entreprises et de la grande bourgeoisie ; il est tellement antisocial que s’en est presque une caricature.

Sur l’ordre et l’immigration, François Fillon n’est pas en reste. Il veut aussi « réduire l’immigration au strict minimum », durcir les conditions du regroupement familial, durcir le droit du sol, faire que « l’impunité zéro sera la règle », renforcer l’état d’urgence (c’est le seul qui a cette position). En géopolitique, il est atlantiste mais prône un rapprochement avec la Russie.

Le pire, c’est sans doute que François Fillon se présente comme un sauveur pour la France, alors que son bilan en tant que Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans n’est vraiment pas brillant.