Madonna frozen out

On November 18, the Belgian court of Mons found the singer Madonna guilty of plagiarising some of the contents of her single Frozen. The song, which is taken from her 1998 album Ray Of Light, has been withdrawn from all record shops in Belgium, as has the album itself. She was sued by Salvatore Acquaviva, who claimed Frozen contained four bars of his own song Ma vie fout l’camp. According to Acquaviva, Madonna first came in contact with his song back in the 70’s when she was working as a backing singer for Patrick Hernandez in Belgium.

First of all, Madonna says that she has no knowledge of the Acquaviva song. It is probably true, because nobody knows Ma vie fout l’camp, Acquaviva is a totally unknown singer, even in Belgium! Secundo, Madonna did not composed the bars of music under question herself, they were written for her in 1996 by Patrick Leonard. But the thing incredible, is the four bars. I listened to the two songs. The intro is just a little bit similar, it is not the same music nor the same speed, lyrics are different. It is most probably just a coincidence and Acquaviva wants cash.

How many songs in the world have one second in common? How many songs in the world have four bars in common? If I am a singer and I find a good melody for a song, should I verify that all singers (famous one, but also those who are playing in the subway and those who are singing under the shower) all around the world, in Peru, in Estonia, in Japan, have never sing a part of this melody before? I am sure that every four bars have already played somewhere.

Un nouveau grand sachem

Cette journée du 15 novembre 2005 n’était pas pour le Québec seulement la date des premières vraies chutes de neige sur Montréal. Le grand événement, c’était la conclusion de la course à la chefferie du Parti québécois (PQ). Finalement, c’est Monsieur André Boisclair qui l’a emportée au premier tour avec 53,68% des votes, loin devant les huit autres candidats. Ses adversaires ont d’ailleurs immédiatement reconnu sa victoire et lui on assuré leur soutien pour sa nouvelle fonction.

Mais qui est André Boisclair ? C’est un politicien du PQ, jeune (né en 1966) mais expérimenté qui a notamment occupé plusieurs postes ministériels au niveau provincial depuis 1995 : ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, ministre de la Solidarité sociale, ministre de l’Environnement et ministre des Affaires municipales et de la Métropole. Il est surtout connu en temps que défenseur du Protocole de Kyoto et du développement durable, pour avoir doublé la superficie des aires protégées au Québec et pour avoir doté la province de sa première politique nationale de l’eau.

Qu’est ce que le PQ ? C’est un parti politique québécois, œuvrant sur la scène provinciale – à la différence du Bloc québecois qui défend les intérêts des Québecois au niveau fédéral – et se positionnant comme social-démocrate et nationaliste. Il préconise la souveraineté du Québec. Suite à la démission surprise de Bernard Landry le 4 juin 2005, une élection a été organisée parmi les « péquistes » (140 000 personnes) pour choisir le nouveau chef du parti. Ce vote avait beaucoup d’importance pour l’avenir du Québec, car d’une part le PQ est le principal parti d’opposition contre les libéraux actuellement au pouvoir, d’autre part ses membres ont promi que s’ils remportaient les élections en 2007 ils organiseraient un nouveau référendum sur la souveraineté de la province.

C’est donc André Boisclair le nouveau chef du PQ, et peut-être l’homme politique qui entraînera le Québec sur une voie différente de celle du Canada. S’il a été élu avec une nette victoire, on peut regretter la médiocrité de certaines manoeuvres politiciennes digne de « l’affaire Monica Lewinsky » aux États-Unis qui ont animé la course à la chefferie, notamment celle qui a éclaté après que Monsieur Boisclair eut avoué avoir consommé de la cocaïne alors qu’il était ministre , ou les fausses rumeurs concernant son diplôme de master. Toutefois, on pourra tout de même apprécier que son homosexualité n’ait jamais fait l’objet d’attaque, signe d’un Québec moderne et tolérant.

On notera aussi que les manoeuvres politiques douteuses sont coutumes au Canada, puisque le Premier ministre du Canada Paul Martin vient de promettre ces derniers jours des baisses d’impôts à condition que l’opposition, majoritaire au parlement, ne demande pas des élections fédérales anticipées. Il faut dire que Paul Martin n’en est pas à sa première plaisanterie, puisqu’il est surtout connu pour avoir échappé à l’impôt en enregistrant sa compagnie, la Canada Steamship Lines, dans les paradis fiscaux. Pour que le tout soit légal, il a modifié la loi concernant l’évasion fiscale alors qu’il occupait le poste de ministre des finances. Sans doute que Paul Martin aura pris exemple sur son homologue Jacques Chirac, chef d’état d’un autre pays francophone depuis dix ans, accusé d’avoir détourné de l’argent pendant plusieurs années et qui a fait voter une loi pour l’immunité du Président de la République.

Étant donné que Jean Chrétien, prédecesseur de Paul Martin, déclara que « le Québec a autant de chances de devenir souverain que Jacques Chirac de remporter la course à la présidence de la France », on peut penser qu’André Boisclair a de beaux jours devant lui. L’avenir nous le dira !

Paris en flammes

Tout a commencé par un incident qui ressemble bien à une bavure policière. Le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois (Île-de-France), des jeunes apparemment sans problèmes se trouvent nez-à-nez avec des policiers. Ils prennent peur et s’enfuient. Ils sont cinq, trois se réfugieront dans une centrale EDF, et deux décèderont suite à une puissante décharge d’électricité. Le soir, la ville est en flamme, des jeunes mettent le feu à des véhicules et se battent avec la police. Dans le même ville, le lendemai,n un autre incident est mis en avant pour justifier les violences : le lancement de grenades lacrymogène aux abords d’une mosquée. Peu importe l’événement déclencheur, comme beaucoup, je ne suis pas surpris par les violences des jeunes dans les banlieues. Par l’ampleur, un peu… mais pas vraiment. Ca pourrait être pire, si rien ne change, ça sera pire.

Depuis trente ans, les cités sont laissées à l’abandon. Personne ne s’en occupe. Les habitants de ces quartiers, qui n’ont plus confiance ni dans la politique, ni dans la République, ne votent pas ; les électeurs des beaux quartiers n’y vont pas. Donc, pour les politiciens, ces quartiers ne sont pas intéressants. On peut même faire le parallèle avec la prison. Il y a beaucoup de choses en commun entre les prisons et les cités françaises. Dans les deux cas, la population est surtout celle qui vit dans la misère, dans les deux cas ça pue, c’est sale, c’est la loi du plus fort et l’école de la violence. Avec pour seul horizon du béton, il n’y a pas beaucoup d’avenir, beaucoup d’adolescents le savent bien. Ils n’ont plus rien à perdre, mettre le feu aux voitures, narguer les policiers. Il faut préciser aussi que dans les cités, il n’y a pas de bar, pas de restaurants branchés, pas de cybercafés, pas de cinémas. Il n’y a rien à faire à part des âneries sauf peut-être jouer au foot ; même les policiers n’y vont jamais, seulement des incursions des CRS et de la BAC quand ça dégénère trop.

Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a multiplié ces dernières semaines des sorties très médiatisées dans les cités, où il se montre comme le sauveur du petit peuple et prononce des discours musclés. On peut citer comme exemple son déplacement à la Courneuve où il a dit qu’il fallait « nettoyer au Kärcher » la ville et bien sûr celle d’Argenteuil où il déclare d’un air satisfait: « Vous avez assez de cette bande de racailles ? Et bien on va vous en débarasser » , le 26 octobre, soit la veille des premières nuits d’émeutes. Le problème, c’est qu’à part des sorties médiatisées, le ministre ne fait strictement rien. Comme disait Queneau dans son roman Zazie dans le métro, « tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire ». Dans ces conditions, ses déplacements ne rassurent personne et sont autant de provocations inutiles pour des jeunes qui n’attendent que ça pour se défouler.

Bref, la situation s’est enflammée à Clichy-sous-Bois, et les émeutes se sont étendues au département de la Seine-Saint-Denis, puis à une quarantaine de villes de la région parisienne et enfin dans la plupart des banlieues des grandes villes françaises (Lyon, Lille, Toulouse etc.). À l’étranger, on diffuse des images dignes d’une guerre civile ou de manifestation étudiante dans un pays pas très démocratique. Il faut dire que les images ne sont pas très nombreuses, car depuis peu le ministère de l’Intérieur n’accorde plus d’autorisation aux journalistes pour accompagner les forces de l’ordre…

En tous cas, nous sommes le 15e jour d’émeutes en France, et les violences urbaines se sont traduites depuis le 27 octobre par l’incendie de 4 200 véhicules en Île-de-France, plus de 2 000 interpellations, une vingtaine d’établissements scolaires et une dizaine d’entrepôts endommagés, et beaucoup d’autres véhicules et de bâtiments ont subi des dégradations importantes. La plupart des ambassades en France ont invité leurs ressortissants à prendre certaines précautions. Bref, l’heure est grave. Elle est d’autant plus graves que les politiciens n’ont trouvé que des solutions stupides pour régler la crise.

Le gouvernement a été très surpris et a tenté tout – et surtout n’importe quoi – pour essayer de résoudre la crise. Immédiatement des milliers de policiers ont été déployés sur place. Cependant comme c’était à prévoir, les policiers étaient chaque jour plus nombreux et les violences augmentaient. En fait, la répression est la seule chose qui est faite dans ces cités depuis des dizaines d’années, et la présence des forces de l’ordre excite les émeutiers. Dominique de Villepin a alors appelé « au calme ». Cela n’a pas marché ; peut-être qu’un appel « au social » aurait été un peu mieux perçu. Il a ensuite demandé l’aide des leaders musulmans – délèguer son travail aux religieux, c’est à mon avis augmenter les ennuis dans les cités à moyen terme – en tous cas c’est ainsi que l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) a édicté une fatwa le 6 novembre qui décalre que « il est formellement interdit à tout musulman recherchant la satisfaction et la grâce divine de participer à quelque action qui frappe de façon aveugle des biens privés ou publics ou qui peut attenter à la vie d’autrui ». Il n’y a pas que chez le Premier ministre qu’on a des idées folkloriques, la gauche en a eu de bonnes aussi. Citons notamment Julien Dray, qui disait lors d’un débat télévisé que tout est de la faute de la droite – ce qui est quand même d’une sacré mauvaise foi – et Ségolène Royal qui prônait le 9 novembre le retour au service national, seul moyen selon elle de cadrer des jeunes qui ne l’ont pas été dans leur famille ou à l’école.

Une autre idée lumineuse, c’est de faire s’exprimer « l’arabe du gouvernement », Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. En même temps, on devine bien au vu du nom de son ministère qu’il est uniquement là pour des raisons de discrimination positive. C’est marrant de voir que pour le gouvernement, « jeune délinquant des banlieues » rime forcément avec « arabe ». Dans le même ordre d’idée, Nicolas Sarkozy en a profité pour faire l’amalgame entre les émeutes actuelles et une présence étrangère ; le ministre de l’Intérieur a déclaré le 9 novembre à l’Assemblée nationale qu’il avait « demandé aux préfets que les étrangers ayant fait l’objet d’une condamnation soient expulsés sans délai du territoire national, y compris ceux en situation régulière ». Bref, s’il y’a un problème, c’est la faute des arabes et des noirs. Il faut dire, cette explication simpliste évite de réfléchir au vraies causes des troubles, et puis aussi sans doute ça lui permet de faire du chiffre.

Mais cette crise n’est pas une catastrophe pour tout le monde. Ainsi Monsieur le Vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon en profite pour lui aussi se positionner bien à l’extrême-droite en affirmant le 8 novembre qu’il fallait « envoyer l’armée dans les banlieues, pour stopper la guerre civile ethnique (…) On ne résoudra rien si on ne stoppe pas la vague migratoire (…) Ce n’est pas la tolérance zéro qu’il faut, c’est l’immigration zéro ». Jean-Marie Le Pen lui s’amuse de se faire prendre son programme par tout le monde dans des communiqués sur son site et assure qu’il gagne de nombreux nouveaux adhérents chaque jour de la crise. Quant à Nicolas Sarkozy, il prépare tranquillement sa campagne électorale en achetant les mots « émeutes » « banlieues », « incivilité » sur Google pour que le moteur affiche un bandeau vers le site de l’UMP.

Envoyer l’armée pour résoudre le conflit, De Villepin y a pensé. Mais il ne le fera pas. Il faut dire que c’est vraiment quelque chose qui conduirait à l’escalade de la violence, surtout que dans les banlieues on trouve aussi des armes de guerre. Il a choisi une solution pourtant pas si éloignée : le couvre-feu, une méthode normalement utilisée en temps de guerre. Il s’agit de la loi du 3 avril 1955, utilisée lors de la guerre d’Algérie, qui n’a même pas été employée en mai 1968. Une loi bien musclée qui autorise des interdictions de séjour pour « toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics », des assignations à résidence pour « toute personne dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics », la fermeture des « lieux de réunion de toute nature » et l’interdiction des « réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre ». Le gouvernement a même prévu des perquisitions de nuit. Il peut, en outre, faire « prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature », et donner compétence aux juridictions militaires en concurrence avec les juges ordinaires. Bientôt peut-être, De Villepin s’attribuera les pleins pouvoirs et supprimera la liberté de la presse ? Pour finir sur une note positive, signalons que dans un instant de lucidité – ou devant la nécessité de travailler avec elles – le Premier ministre a décidé de rétablir les crédits aux associations de terrain.

Puisqu’apparemment une bonne partie des politiques n’en sont pas capables, il a fallu attendre qu’un footballeur élève le débat. Ainsi Lilian Thuram déclarait le 9 novembre que « la violence n’est jamais gratuite. Il faut comprendre d’où arrive le malaise. Avant de parler d’insécurité, il faut peut-être parler de justice sociale. ». Car évidemment c’est là le problème. Depuis trentre ans, les banlieues ont soit été totalement ignorées, soit le théâtre d’une répression pure et dure orchestrée par des policiers mal formés, qui commettent des bavures, font des contrôles d’identité « à qui mieux mieux » aux personnes bronzées ou se font tirer dessus par des délinquants et autres trafiquants. Bref, il est plus de temps de redonner espoir aux Français des banlieues, et de leur donner les mêmes chances de s’en sortir que partout ailleurs. Évidemment, je ne parle pas de mesures stupides du genre « discrimination positive à l’embauche » ou autre. Je parle d’une nécessité d’accompagner la répression – nécessaire contre les délinquants actuels – d’une vraie volonté de politique sociale dans la durée – pour éviter que les enfants ne soient de futurs déliquants. C’est à dire, repenser l’aménagement du territoire urbain, restaurer les habitats, adapter l’éducation et donner l’envie aux jeunes d’un autre avenir que de celui de dealer de la poudre dans des cages d’escalier qui sentent la pisse. Sinon, il y aura encore un profond malaise social, donc des émeutes. D’ailleurs, avez-vous remarqué que l’on s’intéresse aux cités seulement quand il y a le feu ? Pourtant, déjà en 1995, la chanson Qu’est ce qu’on attend de Suprême NTM expliquait déjà les causes et les conséquences des émeutes à venir.

Sarkonneries

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002, l’Union pour la Majorité Plurielle (UMP) multiplie la politique spectacle, les lois anti-sociales et sécuritaires. Ces temps ci, j’ai l’impression que tout s’accélère. Le gouvernement oriente le pays vraiment sur une mauvaise pente, petite explication.

Pour commencer, je voudrais parler d’immigration. Nicolas Sarkozy a décidé récemment de durcir le ton, et de faire des expulsions massives. Il veut « faire du chiffre », c’est à dire renvoyer 23 000 étrangers sans-papiers cette année 2005, contre 15 000 en 2004. Annoncer des chiffres comme ça d’avance, je trouve ça complètement stupide : les immigrés sont des humains, non pas des numéros, et chaque cas est différent. Qu’à cela ne tienne, le ministre de l’Intérieur, dont les parents sont pourtant issus de l’immigration, ne veut faire aucun discernement. Les tribunaux se retrouvent avec des cas où ils doivent rendre l’injustice – comme l’a raconté Maître Eolas – et la situation est si choquante que des policiers la dénoncent fréquemment, comme encore récemment dans une interview au journal Libération. Ainsi, on renvoie désormais des personnes bien intégrées dans la société française, qui sont parfois là depuis des années, et qui ont fait toutes les demandes administratives pour recevoir des papiers en règle. Mais bon, tout ceci n’est pas important : plus on renverra d’immigrés, plus on séduira les partisans d’extrême droite, c’est ce qui compte pour être élu.

Une autre nouvelle alarmante: le site eucd.info nous apprend que le gouvernement a déclaré l’urgence sur le projet de loi Droit d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’Information (DADVSI), qui transpose la directive européenne European Union Copyright Directive (EUCD). Cette loi menace entre autres la copie privée, la libre concurrence, la mission des bibliothèques, le domaine public, la liberté d’expression des chercheurs en sécurité informatique, le logiciel libre, le droit au respect de la vie privée… Pas mal, non?

Ce n’est pas tout. Nicolas Sarkozy (encore lui), a décidé de spammer près d’un million de personnes pour sa campagne électorale, ce qui est formellement interdit par la loi française. Pire, Nicolas Sarkozy a ainsi transgressé la loi pour la confiance dans l’économie numérique votée par son propre gouvernement en juin 2004 ! Un site, Sarkospam, a été mis sur pied pour des actions en justice éventuelles. Bref, Monsieur Sarkozy est vraiment prêt à tout pour arriver au pouvoir, qu’on y prenne garde. On notera de plus qu’il est à la fois président de l’UMP, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire (avec le titre de Ministre d’État). Cela fait un sympathique cumul des mandats et pose un problème démocratique, puisque comme chacun sait le ministre de l’Intérieur contrôle le Préfet, qui contrôle la légalité des décisions du Conseil général.

Un dernier point, moins évident mais plus sournois. Lors d’une émission à la télévision, Nicolas Sarkozy a – encore – essayé d’exploiter la peur de la menace terroriste pour faire passer des mesures sécuritaires. Je ne vais pas entrer dans les détails, car Olivier Guerrier l’a déjà fait brillamment sur son blog. Cela rappelle deux choses : la dernière campagne présidentielle française, où le thème de l’insécurité avait permis de faire voter à droite, et le patriot act adopté par George W. Bush aux États-Unis d’Amérique après les attentats de septembre 2001. Sur France 3, Nicolas Sarkozy a ainsi déclaré : « Nous voulons obliger les cybercafés à conserver un certain nombre de données informatiques pour nous (permettre de) pouvoir aller les saisir et de savoir ce qu’il s’y passe ». C’est une méthode qui marche bien, exploiter la peur des gens pour les convaincre qu’ils ont besoin de plus de policiers, et aussi que les écoutes téléphoniques, la lecture de notre courrier personnel, les perquisitions sans mandats… sont pour notre sécurité.

Le gouvernement UMP n’a de cesse de diriger le pays d’une main de fer, gérant le pays pour les intérêts des gros acteurs économiques en se moquant éperduemment du peuple et de ses droits. Tout cela me fait m’interroger sur l’avenir de la République française, pays dont la devise est « liberté, égalité, fraternité ». Que restera t-il de ces valeurs dans quelques années si cela continue ? La France sera t-elle une sorte d’États-Unis bis, avec des lois sécuritaires, un service public désastreux, une concurrence des universités, sans service de santé pour tous? Une république bananière dirigée par des crétins ambitieux? En tous cas, c’est à nous citoyens de réagir devant notre démocratie menacée. À méditer.

Hontario

Finalement, la charia ne sera pas appliquée en Ontario. C’est bizarre d’écrire cela : c’est quand même assez hallucinant de s’être posée la question d’appliquer la charia ou non au Canada en 2005.

À l’origine, c’est la néo-démocrate Marion Boyd qui avait recommandé en décembre 2004 de modifier la loi provinciale sur l’arbitrage pour autoriser et encadrer l’arbitrage religieux en vertu de la charia. Cette proposition n’est pas vraiment stupide, si on l’observe sous l’angle du multiculturalisme, notion chère aux Canadiens. La Loi sur l’arbitrage est une loi conçue initialement pour les cas d’arbitrages commerciaux, mais elle a aussi été utilisée pour résoudre des problèmes familiaux. Or, il faut souligner que la province permet l’arbitrage aux chrétiens et aux juifs ! Dans ce cas, pourquoi ne pas instaurer des tribunaux islamiques traditionnels ? La proposition de Marion Boyd met juste en lumière la stupidité de l’application de cette loi ontarienne.

À l’inverse, une résolution de l’Assemblée Nationale du Québec a été adoptée le 2 juin 2005, qui s’oppose « à l’implantation des tribunaux dits islamiques au Québec et au Canada ». Pourtant, la situation n’est pas vraiment meilleure. Selon la loi québécoise, les beth din (« maison de la loi », en hébreu) sont en effet habilités à dissoudre des unions sur le plan religieux. Ces tribunaux rabbiniques tranchent aussi des disputes à propos de la garde des enfants et du partage des biens. On trouve même les tarifs pour des services d’arbitrages juifs sur le site montréalais mk.ca!

Heureusement, le Canada évolue. On a pu le voir le 27 septembre lors de la cérémonie d’investiture de la nouvelle gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, où aucune allusion religieuse n’a été faite. De plus, le premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, s’est vu rassurant en affirmant le 11 septembre dernier que son gouvernement agirait rapidement pour interdire les tribunaux religieux existants, en vertu de la Loi sur l’arbitrage : « J’en suis venu à la conclusion que le débat avait assez duré. Il n’y aura pas de loi de la charia en Ontario. Il n’y aura pas d’arbitrage religieux en Ontario. Il y aura une loi pour tous les Ontariens. ».

Il est temps que le Canada se rende compte que la diversité culturelle n’implique pas l’instauration de juridictions d’exception (religieuses ou pas). Je sais que la Nouvelle France n’est pas en terre laïque, mais ce n’est pas une raison pour obéïr à toutes les requêtes stupides des lobbys religieux.