Coupe du monde de football 2018 – Bilan de la phase de groupes

La phase de groupes de la coupe du monde de football 2018 vient de s’achever. Demain, c’est déjà les huitièmes de finales. Alors, quel bilan en tirer? Tout d’abord, les favoris déçoivent. L’Allemagne a été franchement mauvaise et est éliminée dès le premier tour, en perdant au 3e match par la petite équipe de la Corée du Sud. Son équipe composée pour moitié de joueurs d’expérience, Özil, Boateng, Müller, Kroos, Khedira, champions du monde en 2014, a manqué de vigueur et peut-être de motivation. Neuer, le gardien rentré de blessure, n’aura pas pu sauver son équipe. L’équipe d’Espagne s’est qualifiée avec peine, même si elle finit première de son groupe, faisant deux matchs nuls et ne battant que l’Iran. Là aussi, une équipe avec beaucoup de « vieux » : Piqué, Ramos, Busquets, Inesta, Costa ou David Silva. Certes, de très bons joueurs mais qui n’ont pas brillé. La France a bien géré la phase de groupe, en gagnant les 2 premiers matchs de la phase de groupes, mais elle n’aura épaté personne. Griezman n’a pas animé l’équipe comme espéré (peut-être parce qu’il n’est pas meneur de jeu, comme le voudrait l’entraîner, mais simplement attaquant), l’équipe semblait endormie. Quant au Brésil, il finit premier de son groupe avec 7 points, mais il a fait match nul contre la Suisse.

Et les autres équipes ? Regardons quelques groupes. Dans le groupe A, l’Uruguay de Suárez et Cavani a gagné tous ses matchs, mais son groupe était assez facile. La Russie a impressionné les foules… en gagnant contre l’Arabie Saoudite et l’Égypte. Le groupe B a finalement montré un résultat serré. L’Iran s’en sort bien, à 1 point seulement du Portugal et de l’Espagne. Le Portugal a de la chance d’avoir Cristiano Ronaldo qui sait mettre des buts dès qu’il a un ballon sur le pied, car il n’a pas été impressionnant. On est déçu pour le Maroc qui a très bien joué. Il a dominé presque tout son match contre le Portugal (qu’il a au final perdu) et il a fait match nul contre l’Espagne. Cependant il a pêché en défense et manqué de concrétisation en attaque. Le Maroc aura néanmoins montré de la passion et du talent propre au Maghreb : on se souvient de la bonne coupe du monde 2014 de l’Algérie, qui avait dû s’incliner contre le futur champion allemand en 1/8e de final après un match d’un très haut niveau. Le groupe D a été passionnant. L’Argentine a beaucoup déçu, elle a même failli ne pas passer le premier tour, surtout en face d’un Nigéria qui a été très appliqué lors du 3e match. Malgré son attaque de folie (Messi, Higuaín, Dybala), les Argentins ont fait un jeu assez mauvais, en ayant recours comme les petites équipes à de mauvais gestes pas très fair-play. Avec seulement 4 points, l’Argentine passe cependant. L’Islande, quart de finaliste à l’Euro 2016, a développé un jeu d’un très bas niveau. Dans ce groupe D, l’équipe qui a vraiment séduit est la Croatie. Elle a gagné tous ses matchs (2-0, 3-0, 2-1). Même si c’est un petit pays avec ses 4 millions d’habitants, l’équipe nationale a Rakitić et Mandžukić, mais surtout un fameux capitaine. Luka Modrić est pour moi un milieu relayeur exceptionnel, un des meilleurs joueurs au monde, injustement moins célèbre que Ronaldo ou Messi. Le groupe G a accueilli deux très bonnes équipes, la Belgique qui a gagné tous ses matchs et l’Angleterre emmenée par Kane. Enfin, le groupe homogène H a la particularité de voir passer le Japon, pourtant a égalité totale avec le Sénégal, juste au fair-play, les Nippons ayant eu moins de cartons. On peut regretter qu’aucune équipe africaine (Nigéria, Maroc, Tunisie, Sénégal, Égypte) n’ait réussi à se hisser dans la phase finale de la compétition.

Alors, à l’aune des 1/8e de finale, quelles prédictions? La Croatie comme la Belgique semblent en pleine forme, elles arriveront sans doute en quart de finale. La France, sur le papier, fait définitivement partie des favoris, elle peut aller la loin dans la compétition si elle élève un peu son niveau de jeu. Le Brésil étant le Brésil, il peut faire quelque chose mais cela reste hypothétique. Neymar est excellent dribbleur mais il n’est efficace devant le but. Marcelo est exceptionnel mais l’équipe aurait été plus forte avec Dani Alves, absent suite à sa blessure face aux Herbiers en coupe de France. L’Espagne, le Portugal et l’Argentine ne semblent pas en mesure d’arriver au bout.

Bye Bayrou

Bayrou. On ne parle que de lui pour les présidentielles. Il serait très haut placé dans les « fameux sondages » qui ne sont, rappelons-le, que des statistiques et donc pas neutres. Il battrait Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal au second tour des élections. Bon, ça, ce n’est pas dur : on ne parle que de ces deux derniers depuis un an, ils énervent tout le monde et comme dirait l’autre : « Ségolas Sarkolène, un seul candidat, un seul programme » (ce qui n’est quand même pas tout à fait vrai). On a donc un nouveau venu dans le débat. François Bayrou. Mais qui est-il, au juste ?

Je l’ai rencontré en vrai la première fois aux Rencontres Mondiales du Logiciel Llibre à Nancy en juillet 2006. Il venait pour parler de son engagement contre la loi DADVSI et pour les logiciels libres. De tous les politiciens présents, c’était le seul qui semblait s’intéresser davantage à recruter des électeurs et à faire sa publicité qu’à s’intéresser vraiment au sujet. Pour sa défense, on notera tout de même que les autres n’étaient pas candidats potentiels à la présidentielle, même si c’était des élus. Une autre chose qui m’a profondément déplu, c’est qu’il serrait des mains sans même regarder ou écouter la personne à qui appartenait la patte. Un pur comportement politicien. Ce n’était pas les cas de Michel Rocard (député européen PS), Richard Cazenave (député UMP) ou Martine Billard (députée Verts) également présents. On rappelera qu’il y a encore 2 ans, il était favorable aux brevets logiciels en Union Européenne, qui menacent directement les ligiciels libres. En outre, son parti et lui-même refusent toujours de s’exprimer sur ce sujet. Bref, tout cela n’est pas très cohérent.

Regardons plutôt son histoire politique. Il a commencé sa carrière politique en 1982, il est d’abord conseiller général, puis quatre ans plus tard député UDF des Pyrénées-Atlantiques. Situons l’UDF dans l’échéquier politique : c’est un parti de centre droit fondé en 1978 pour servir Valéry Giscard d’Estaing. La majorité des membres de l’UDF sont proches du RPR devenu UMP et nombreux ont quitté l’UDF pour rejoindre l’UMP ces dernières années. Depuis 2002, l’UDF fait alliance avec l’UMP à l’Assemblée Nationale et a participé au gouvernement de Raffarin et de celui de de Villepin. Ce n’est que depuis 2006 que l’UDF tient ses distances avec l’UMP. On notera pour l’anecdote que Pierre-Christophe Baguet, député UDF, est exclu du groupe UDF de l’Assemblée nationale en octobre 2006 après avoir déclaré son soutien dès le premier tour de la présidentielle à Nicolas Sarkozy; cependant, ses collègues conseillers généraux lui renouvellent leur confiance en le confirmant comme président du groupe UDF du Conseil général des Hauts-de-Seine (92). Au final, on n’est pas vraiment sûr si l’UDF est au centre, mais en tous cas, il est à droite.

Revenons à notre ami Bayrou. En 1993, il est nommé ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement de cohabitation d’Édouard Balladur. Lors de l’élection présidentielle de 1995, il soutient, de même que Nicolas Sarkozy, le candidat Balladur (RPR). François Bayrou est un catholique pratiquant et il crèche pour sa paroisse. Resté ministre sous Alain Juppé, il veut à tout prix intégrer au budget de l’État les investissements et la construction des établissements d’enseignement confessionnel, et intégrer à l’Éducation nationale les enseignants du privé. Il n’y parvient pas à cause du «tollé» que cela provoque dans l’opinion publique favorable à l’école publique laïque. En 2002, il se présente comme candidat de l’UDF à l’élection présidentielle; plusieurs leaders de l’UDF appellent à voter pour Jacques Chirac dès le premier tour, mais il arrive à obtenir 6,84% des voix au premier tour. En 2005, il soutient activement le Traité Constitutionnel Européen libéral, comme Sarkozy et Royal. Maintenant, il est candidat à la présidentielle de 2007.

Quelle est sa stratégie ? Bayrou joue à fond, et ça marche, la carte du centriste. Puisque depuis un an on oppose la gauche Royale et la droite Sarkozy, il se déclare, « ni de droite, ni de gauche ». Puisqu’il est acquis que son parti est ancré à droite, il déclare qu’il pourrait nommer, s’il était élu, un premier ministre socialiste. Puisque l’UMP et Sarkozy subissent les foudres des gens qui n’aiment pas la politique des gouvernements UMP depuis 2002, il déclare qu’il est désormais dans l’opposition. Puisque c’est à la mode, il signe le pacte écologique de Nicolas Hulot. Bref, Bayrou a l’air d’un type bien sympathique, à qui on ne peut rien reprocher, puisqu’il n’a pas vraiment d’étiquette politique claire. C’est un peu comme si un joueur de foot déclarait à ses collègues lors d’un match OM-PSG : « je ne suis ni de l’OM, ni du PSG, passez moi le ballon, vous verrez bien dans quel but je vais tirer ». Ouais. C’est une tactique politique habile. Mais bon, le coup du mec de droite qui veut faire croire qu’il est de gauche (ou l’inverse), ça a déjà été fait.