Élections fédérales canadiennes : tout le monde gagne

C’est certain, les grands gagnants de l’Élection sont les Conservateurs de Stephen Harper. Harper sera le Premier ministre du Canada, après 13 ans de gouvernement libéral. Harper peut maintenant rêver à promouvoir les bonnes valeurs chrétiennes et dire « Que Dieu vous bénisse » quand il parle dans les provinces anglophones, révoquer les droits de la communauté homosexuelle, soutenir le bouclier antimissile américain, lutter contre la contraception, aider les États-Unis d’Amérique dans leur guerre contre l’Irak, faire sortir le Canada du protocole de Kyoto… Pour le nouveau grand sachem du Canada, le ciel est entièrement bleu, et bientôt le pays des Micmacs et leurs amis sera le 51ème état des États-Unis d’Amérique. La chose la plus excitante pour Harper est probablement le coup de téléphone qu’il a reçu de George W. Bush hier matin.

Même si le réalisateur Michael Moore est déçu, comme je le suis, le peuple canadien est aussi gagnant. La victoire d’Harper était donnée par tous les sondages ces dernières semaines. Chacun savait qu’il allait diriger le pays. Cependant, le point positif est qu’il n’a pas réussi à obtenir une majorité de sièges. Avec 124 sièges, le Parti conservateur vont devoir s’appuyer sur un des partis d’opposition pour survivre parmi les 308 sièges de la Chambre des communes et chaque partie de législation devra sans doute être négociée. De plus, aucun membre du parti conservateur n’a été élu dans les grandes villes (Toronto, Montréal, Vancouver).

Les Libéraux de Paul Martin sont présentés dans les médias comme les grands perdants. Quant on pense à l’accumulation de preuves montrant que le Parti libéral du Canada est corrompu, comme le scandale des commanditesn ils ont été chaceux de remporter 103 sièges à la Chambre. Ils sont maintenant un fort opposant aux Conservateurs, ils peuvent soigner leur image et avoir l’air d’apporter des idées modernes par opposition au parti d’Harper. Le Bloc Québécois a pris 51 sièges – un peu moins de 2004 où ils en avaient 51 -, ils ont aussi perdu des siègzs dans la zone de Québec, mais ils ont gagné de nouveaux sièges dans d’autres circonscriptions. Pour “le Bloc”, le résultat de ces élections est neutre. Pour les souverainistes du Québec, les élections des conservateurs pourrait être un bon moyen de promouvoir une société québécoise qui portent différentes valeurs. Le NPD a gagné 29 sièges, leur meilleur résultat depuis 1988, et 9 de plus que lors des dernières élections. Un autre gagnant est le Parti vert du Canada qui a obtenu 4,49% des suffrages. Il n’obtient aucun siège, mais le parti a obtenu son plus grand score depuis sa création, et va désormais recevoir environ 1,1 millions de dollars canadiens par an jusqu’à la prochaine élection.

De mon point de vue, tout le monde a donc gagné les élections. Tout le monde, sauf peut-être l’étrange Parti marijuana qui n’a obtenu que 0,06% des suffrages (respectivement 0,25 en 2004 et 0,52% en 2000).

Canadian federal election: everybody wins

Obviously, the major winners of the Canadian federal election are Stephen Harper’s Conservatives. Harper will be the new Prime Minister of Canada, after 13 years of Liberal governance. Harper can now dream about promoting good christian values and saying « God bless you » when he speaks in an English speaking province, revoking the rights of the homosexual community, supporting the US National Defense Missile (NMD), fighting against contraception, helping the USA in the war against Iraq, making Canada leave the Kyoto Protocol… For the new sachem of Canada, the sky is entirely blue, and soon the country of Mi’kmaqs and their friends will be the 51th state of the USA. Above all, the congratulations of George W. Bush that he received on the phone this morning are probably the hottest thing for Harper.

Even if the filmmaker Michael Moore is disappointed, as I am, Canadian people are also winners. Harper’s victory was given by all the surveys the past weeks. Everybody knew that he would lead the country. But the good thing is that he failed to win a majority of seats. With 124 seats, the Conservatives will have to rely on the support of at least one opposition party to survive in the 308-seat House of Commons, and every piece of legislation will probably have to be negotiated. Plus, no member of the Conservative Party was elected in the biggest cities (Toronto, Montreal, Vancouver).

The Liberals of Paul Martin were presented in the medias as the big losers. When I think about all the evidences showing that the Liberal Party of Canada is corrupted, such as the sponsorship scandal, they were lucky in winning 103 seats at the House. They are now a strong opponent to Conservatives, they can clean their image and seem to have modern ideas compared to Harper’s party. The Bloc Québécois took 51 seats – a little less than in 2004 when they had 54 -, they also lost some seats in Quebec’s area, but they won new important seats elsewhere. For “le Bloc”, those federal elections seem to be a neutral result. For the Quebec sovereigntists, the election of the conservatives could be a good way to promote a Quebec society with different values. The NPD won 29 seats, their best result since 1988, and 9 more than the last election. Still a new winner, the Green Party of Canada gained 4.49% of popular vote. This gives no seats, but the party achieved its higher percentage since its beginning, and it will now receive over $1.1 million CAD per year until the next federal election.

In my view, everybody won those elections. Everybody, except perhaps the strange Marijuana Party which won 0.06% of popular votes (vs. 0.25 in 2004 and 0,52% in 2000).

Les ventes de disque stagnent, la désinformation monte

On a coutume de dire qu’en France, la presse est libre est indépendante. Si on observe bien, il est clair que ce n’est pas toujours vrai. Concernant un sujet, c’est toujours faux, et ceci depuis plusieurs années : l’industrie de la musique.

Ce mardi, j’observe sur Yahoo France la dépêche suivante, provenant le l’AFP : « Les ventes de livres et de disques ont stagné en 2005 en France, illustrant la morosité économique de secteurs bousculés par l’arrivée des nouvelles technologies, selon des chiffres publiés mardi. (…) Le constat n’est pas plus réjouissant pour l’industrie du disque: son chiffre d’affaires a baissé d’environ 3% en 2005 alors que le volume des ventes s’est stabilisé, selon le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). « 2005 est encore une année à la baisse », a déploré le directeur général du SNEP, Hervé Rony. Selon le SNEP, le marché de la musique numérique (téléphonie mobile et internet) a en revanche augmenté en 2005 pour représenter quelque 30 à 35 millions d’euros (deux tiers venant de la téléphonie mobile, un tiers d’internet), environ quatre fois plus qu’en 2004. « On est dans une phase où les pertes du marché physique continuent alors qu’elles commencent à peine à être compensées par le numérique », a expliqué M. Rony à la presse. »

C’est un des exemples de manipulation de l’information. Comme par hasard, et comme d’habitude, l’auteur a omis de mentionner la hausse constante de la vente de DVD. Le nombre de DVD achetés continue d’augmenter. En effet, il y a eu 120 millions de copies vendus pour l’année 2004 (soit plus de 1840 millions d’euros rapportés, source CNC), 76 millions de DVDs avaient été vendu en 2003, 40 millions en 2002, 25 millions en 2001 (source SEV). Or, c’est la même industrie qui édite les DVDs et les CDs audio (Universal etc.). Une omission bien bizarre, surtout qu’elle est systématique dans les médias. Le message qui circule en Europe comme en Amérique est « l’industrie du disque est en crise » alors qu’on peut supposer qu’aucune perte conséquente n’est enregistrée chez les majors. Bien entendu, tout ceci sert de justification pour essayer de faire passer des lois renforçant le pouvoir des majors comme le fameux projet DADVSI en France, et plus largement l’EUCD en Europe et le DMCA aux États-Unis.

Évidemment, les médias omettent également de parler du prix élevé des CD. Le nombre de CD achetés baisse, mais le prix moyen d’un album est passé de 15 à 25 euros en 5 ans. Au final, les majors doivent quand même pas perdre tant que ça. Ensuite, on peut attribuer cette baisse de vente aux majors eux mêmes : de moins en moins d’artistes signés, mais avec de plus en plus de passage sur les ondes (parfois la même chanson plusieurs fois par heures sur certaines radios). Le choix et la qualité diminue, les consommateurs achètent moins, ce qui parait logique. On peut aussi se rendre compte facilement que jamais en France les majors n’ont eu autant de publicité que ces dernières années, où des émissions de musique-télé-réalité comme Star Academy font de la publicité pendant au moins une heure par jour sur les grandes chaines nationales. L’industrie réalise finalement des millions de ventes sans effort pour des chansons oubliées trois mois après.
Ce n’est pas tout !

La désinformation ne s’arrête pas là. Depuis plusieurs années on nous parle toujours de procès ou d’arrestation contre « des pirates qui téléchargent illégalement de la musique sur internet » alors que rien dans la loi française ne stipule clairement que le téléchargement sur internet est illégal – il pourrait être assimilé à de la copie privée – et que dans les cas cités par la presse, il s’agit quasiment toujours de personnes qui faisaient commerce de leur téléchargement. J’ai aussi entendu que « le nombre de téléchargement sur internet a baissé de x% » alors qu’évidemment aucune statistique fiable ne peut mesurer une telle chose – les gens qui ont peur que ce soit illégal ne s’en vantent pas.

Bref, la presse dans son ensemble (journaux, télé, radio) diffuse des informations biaisées sur le sujet de la musique et cela dure depuis plusieurs années. Une première explication facile serait que tous les journalistes sont des incompétents notoires qui ne réflechissent pas. La deuxième, davantage plausible, est que les médias sont manipulés comme des marionnettes par les lobbies du mutimédia. Une preuve que l’information est volontairement déformée, c’est que la figure de proue de ces lobbies en France, Pascal Nègre (PDG d’Universal Music France, et qui a travaillé auparavant pour BGM, Colombia et Polygram), est invité à toutes les émissions sur le sujet, avec généralement personne en face pour faire un vrai débat. Que reste-t-il de la liberté de la presse ?

Dieu existe de moins en moins

Dans le Monde des religions de ce mois de janvier 2006, une enquête l’institut CSA qui indique qu’un quart des Français se disent sans religion. Selon cette étude, 64,5% des personnes interrogées se disent catholiques, 24,5% sans religion et 9% musulmanes, protestantes ou juives. Évidemment, « sans religion » ne signifie pas sans culte, superstition ou croyance. Ainsi aux États-Unis d’Amérique, beaucoup de gens se revendiquant athées pratiquent la méditation, le culte des plantes ou des rites néo-hippies. La France ne déroge pas à la règle, parmi les gens « sans religion », 34% croient « qu’il y a quelque chose après la mort », 22% croient « aux miracles » et 21% croient en Dieu. Cela nous fait environ 20% de Français qui sont sans religion et sans dieu.

Ce qui est intéressant, c’est que parmi les gens « sans-religion » on retrouve surtout des jeunes (12,5% chez les plus de 65 ans, 36% chez les 18-35 ans) et les diplomés (17% des personnes non diplômées ne se reconnaissent pas dans les religions, contre 28% des titulaires du bac et 34% des Français ayant fait au moins trois ans d’études supérieures). Cela rassure, on se dit qu’il y a de moins en moins de croyants chaque jour et que les études servent encore un peu à développer l’esprit critique ! Cela dit, il est probable que la baisse d’intérêt pour la religion en France est étroitement liée à la ringardise de l’église catholique. Il faudrait voir si cette baisse continuerait si on avait des prédicateurs survoltés et modernes comme les évangélistes américains.

Quoiqu’il en soit, ces chiffres font bien plaisir, j’espère que de plus en plus de gens vont ouvrir les yeux et arrêter d’être les victimes des religions, véritables machines à soumettre le peuple crédule, inventées il y a des milliers d’années. Cela dit, la France a encore du retard, car diverses sources indiquent que c’est la Répubique tchèque qui compte le plus d’athées en Europe : près de 50% de la population s’y déclarerait sans religion.

DADVSI, a new threat to our freedom

Probably you have heard about the Digital Millennium Copyright Act (DMCA), in USA. In European Union is a DMCA-like directive called EUCD (the French version is called DADVSI), on the harmonisation of certain aspects of copyright and related rights in the information society.

Only Czech Republic, France and Spain have not implemented this Directive to date, but the French government wants now to implement it fast in the 22-23 December night. I tell you about this bill here because you can help EU citizens, and because this kind of bill will probably comes to your country one day.

Why do we fight the DADVSI bill ? An answer is on the http://eucd.info site : « Creating your own compilations from a CD, extracting your favourite piece of music to listen to it on your computer, transfering it on a MP3 player, lending a CD to a friend, reading a DVD with free software or duplicating it to be able to enjoy it at home and in your country house : many common practices, perfectly legal, which the French government plans to forbid in fact. The copyright and neighbouring rights in the information society bill (DADVSI) (n°1206) which the French government will try to force through in the coming weeks by using an emergency procedure, actually legitimates the technical devices installed by CD and DVD editors and producers to control their use. And above all, the bill plans criminal penalty against people who would dare to remove those. »

There is a petition, some big groups signed it, such as Mandriva or Sun Microsystem. Perhaps your organizations could sign it too, and all of you who want to fight against this kind of restrictions against citizen’s freedom, free software and free art. The petition is there (at the top it is for individuals, at the bottom for organisations).