Deschamps a choisi son équipe pour la coupe du monde de football

La coupe du monde de football approche. Elle aura lieu à partir de mi-juin, en Russie. Le choix peut paraître étonnant, car si les Russes aiment le football, ce n’est pas véritablement le sport roi là-bas, comme peuvent l’être le hockey sur glace ou le patinage artistique. Les clubs russes brillent peu sur la scène internationale, à part deux victoires quand même en ligue Europa (CSKA Moscou en 2005 et Zénith Saint-Pétersbourg en 2008). L’équipe nationale quant à elle, a un niveau assez faible. Son seul fait d’armes est d’avoir atteint les demi-finales du championnat d’Europe de football en 2008, mais sans briller (elle était sorti 2e de son groupe et avait éliminé les Pays-Bas en quart après prolongation). Son seul joueur vraiment célèbre est le fameux gardien Lev Yachine. Bref, si la Russie a obtenu la coupe, c’est sans doute plus pour des raisons autres que sportives, ce qui est d’ailleurs confirmé par le choix de la prochaine coupe, qui aura lieu au Qatar. Il semble que la FIFA de Sepp Blatter ait été sensible à l’argent proposé par des pays ayant soif de reconnaissance internationale.

Le sélectionneur français a présenté le 17 mai 2018 la liste des joueurs qui iront pour le mondial. Commentons cette liste. Tout d’abord, parlons de Didier Deschamps. Capitaine de l’Équipe de France qui a remporté la Coupe du monde 1998 et le Championnat d’Europe 2000, il a réussi en tant qu’entraîneur à arriver en quart de finale de la Coupe du monde 2014 (en échouant face à l’Allemagne, futur champion) puis en finale de l’Euro 2016. Didier Deschamps travaille aussi sérieusement à redorer l’image de l’équipe après le fiasco de Knysna. Quel que soit le parcours de l’équipe lors de cette coupe, c’est déjà le plus grand entraîneur qu’ait eu l’équipe depuis le départ d’Aimé Jacquet.

Les gardiens sélectionnés sont Hugo Lloris, Steve Mandanda, Alphonse Areola. Tous trois ont l’expérience du haut niveau qu’ils ont rencontré cette saison dans les compétitions européennes. Hugo Lloris est un choix logique, c’est sans doute le meilleur gardien français, c’est un joueur d’expérience (96 sélections), il est intelligent, bien éduqué et c’est aussi le capitaine. Areola et Mandanda ont été préféré à Benoît Costil, qui fait partie de la liste des suppléants, et surtout à Stéphane Ruffier. On sait que Ruffier et Deschamps ont eu plusieurs discussions à ce sujet, on peut supposer que Ruffier était moins compatible avec le groupe.

Les défenseurs sélectionnés sont Benjamin Pavard, Presnel Kimpembe, Raphaël Varane, Samuel Umtiti, Adil Rami, Djibril Sidibé, Lucas Hernandez, Benjamin Mendy. Les réservistes sont Mathieu Debuchy, Kurt Zouma, Mamadou Sakho, Lucas Digne. Le meilleur défenseur français, Laurent Koscielny, est blessé et ne pourra pas participer. C’est d’autant plus dommage qu’il est souvent cité comme étant un très bon camarade. Disons le tout de suite, la défense est l’élément faible de cette équipe. En particulier, la France ne dispose pas de grand joueur latéral à la Marcelo ou à la Lizarazu. Le choix de Varane et Umtiti est logique, ils ont fait leur preuve. Rami avec ses 33 sélections a l’expérience nécessaire. Pour les autres, ils doivent faire leurs preuves. si l’on additionne le nombre de sélection de Mendy, Pavard, Kipembe et Hernandez, on arrive tout juste à 10. Didier Deschamps a fait le pari de la fraîcheur. Pour l’anecdote, Lucas Hernández, en plus de jouer dans le même club qu’Antoine Griezmann, a la particularité comme ce dernier d’être quasiment autant espagnol que français. Les réservistes auraient tous leur place dans la sélection, particulièrement Sakho, mais sa saison ne lui a sans doute pas permis de montrer tout son potentiel. Parmi les non appelés, on peut citer Christophe Jallet, à cause de sa blessure au genou et probablement à cause de son âge (34 ans). Bacary Sagna, qui avait été un remarquable titulaire lors de l’Euro 2016, n’a pas joué lors de la saison 2017-2018 et joue dans un modeste club italien : son absence du groupe se comprend. Layvin Kurzawa n’a pas été sélectionné, Deschamps lui préférant Lucas Hernández. Sans doute à cause de la saison décevante de Kurzawa. Il faut aussi se rappeler que Kurzawa avait insulté Deschamps sur une vidéo postée sur Internet.

Les milieux choisis sont Paul Pogba, N’Golo Kanté, Blaise Matuidi, Corentin Tolisso, Steven Nzonzi. Parmi les réservistes, on trouve Adrien Rabiot, Moussa Sissoko, Kingsley Coman. Pogba, Kanté et Matuidi sont parmi les meilleurs milieux au monde, c’est donc logique qu’ils soient là. Tolisso est sûrement là en raison de sa polyvalence, pouvant jouer à plusieurs postes. Quant à Nzonzi, il est là car Deschamps voulait une doublure à Kanté. Coman n’est que réserviste probablement à cause de sa blessure à la cheville qui l’a empêché de jouer une partie de la saison. Sissoko, excellent joueur, paye sans doute son peu de temps en sélection. Enfin, Rabiot, qui a fait sensation en refusant la place de réserviste, a sans doute été écarté pour ses faibles performances en équipe de France et en ligue des Champions cette année, sans compter une certaine arrogance peut-être déjà détectée par le sélectionneur. Yohan Cabaye ne fait pas partie du voyage, tout simplement parce que son niveau est bon mais en-dessous des sélectionnés.

Enfin, viennent les attaquants. Les sélectionnés sont Antoine Griezmann, Thomas Lemar, Olivier Giroud, Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Nabil Fekir, Florian Thauvin, avec en réservistes Anthony Martial, Wissam Ben Yedder et Alexandre Lacazette (Arsenal FC). Griezmann, Mbappé et Giroud sont incontestables grâce à leur talent et leur performance en équipe de France. Pour les autres, Deschamps a du faire un choix, tant la France regorge de bons attaquants. Deschamps a reconnu que Dimitri Payet aurait sans doute été de la partie s’il ne s’était pas blessé. Martial ou Lacazette sont réservistes, mais ils auraient pu être titulaires. Alassane Pléa aurait aussi pu être de la partie.

Karim Benzema, joueur clef du Real de Madrid depuis une décennie, ne fait partie du voyage. Même si ses performances en club ont été moins bonne cette saison et que la victoire en ligue des champions de Madrid n’est pas époustoufante (attentat de Ramos sur Salah et erreurs de Karius), le choix est clairement dicté principalement par son mauvais comportement. Rappelons que Benzema avait été impliqué dans une tentative de chantage visant son coéquipier Mathieu Valbuena, s’était moqué de Giroud sur les réseaux sociaux, avait déclaré que « Deschamps a cédé à une partie raciste de la France » en ne le sélectionnant pas en équipe de France. On ne sait pas exactement ce que Benzema a voulu dire, mais ses supporters eux ne se gênent pas pour qualifier Deschamps de raciste anti-arabe. De la même manière, Samir Nasri, malgré des performances pas incroyables, avait qualifié Deschamps de raciste suite à sa non sélection en 2014. Enfin, Benzema et son agent ont plusieurs fois essayé de mettre la pression sur le sélectionneur via des plans de communication et des apparitions dans les médias, mais sans succès. Ce qu’ils oublient aussi, c’est que Benzema était resté plus de 1200 minutes sans marquer en équipe de France, ce qui, même pour un attaquant altruiste, est assez colossal. L’absence de Benzema peut étonner, mais il a des précédents de joueurs parmi les meilleurs techniquement qui ont été écartés de compétition majeures, tels que Éric Cantona et David Ginola en 1996 ou Nicolas Anelka en 2004. Le jovial Franck Ribéry, toujours percutant avec le Bayern, n’a pas non plus été appelé. Son comportement avait été décrié en 2010 et de toutes façons, il avait pris sa retraite internationale en 2014.

Somme toute, l’équipe de France est plutôt belle sur le papier. Le sélectionneur a du talent. L’équipe possède des grands joueurs de classe mondiale, en particulier au milieu et en attaque. On y trouve de nombreux jeunes, mais aussi de l’expérience. Lloris disputera sa troisième coupe du monde, Griezmann, Pogba, Matuidi et Varane leur deuxième. Aucune forte tête, diva ou joueur arrogant ne fait partie du groupe, ce qui garentiera sûrement une bonne cohésion. Malgré des faiblesses montrées lors des matchs de qualifications, l’équipe fait sans doute partie des favoris tout comme l’Allemagne, le Brésil, l’Espagne et l’Argentine.

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