Renzi tente un hold-up du Sénat italien

L’Italie s’apprête à voter par référendum pour le changement de constitution voulu par Matteo Renzi. Selon Renzi, une nouvelle constitution permettra d’accélerer le processus législatif, de simplifier les échanges entre les deux chambres parlementaires, de gagner en efficacité et de permettre à l’Italie de se développer. L’argument de rapidité législative est étonnant : une loi en démocratie doit se faire à tête reposée, avec un temps pour la réflexion et les amendements. Nous ne sommes pas dans un contexte économique où on veut de la productivité, mais dans un contexte législatif, qui nécessite de la rigueur et de l’analyse.

La nouvelle constitution, si elle passe, aura des conséquences importantes sur la vie politique italienne. En effet, elle prévoit que les sénateurs ne seront plus élus directement par la population au suffrage universel, mais par les conseillers régionaux, parmi eux-mêmes et parmi les maires des communes. Ce système, proche du système français, pose plusieurs problèmes en Italie. D’une part, les électeurs ne votent pas directement pour leurs représentants à la Chambre des députés (on vote pour un parti, qui désignera les députés), ils n’auront donc plus de parlementaires élus directement. Dans un pays où les hommes politiques sont souvent corrompus et à la merci de la mafia, c’est un recul démocratique. De plus, le Sénat représentant les régions, va voir son nombre de parlementaires diminué par trois et perdre en pouvoir, mettant quasiment fin au bicaméralisme. Deux autres points négatifs concernant les sénateurs, ils cumuleront leur mandat avec leur autre fonction élective et ils auront l’immunité. Enfin, la réforme ne simplifiera pas le processys de productions des lois, mais en réalité le complique, puisqu’il y aura au minimum 7 procédés législatifs différents dans les normes qui régulent le nouveau Sénat.

La totalité des partis d’oppositions sont opposés au référendum, qui est perçu probablement à juste titre comme une tentative de Renzi de s’affranchir de la contrainte parlementaire. On a du mal à comprendre l’intérêt que pourrait avoir cette nouvelle constitution : quel que soit le résultat ce dimanche, ce n’est pas cela qui fera diminuer le chomâge, empêchera l’émigration des jeunes diplômés ou relancera l’activité économique.