Les deux factions qui menacent la France

D’un côté, les « bobos », bien pensants, salariés, issus de la classe moyenne et de la petite bourgeoisie. Ils consomment, vont au « stomato », sont politisés pour défendre des avancées sociétales (exemple : le mariage pour tous) mais aux abonnés absents pour défendre Snowden, lutter contre la loi sur le renseignement ou s’opposer à la réforme de la retraite. Ils lisent les grands médias, prônent la mondialisation et le métissage, en refusant de voir les problèmes sociaux et l’immigration. Pourvu qu’ils puissent acheter des produits « bios », utiliser des « huiles essentielles », manger des sushis et aller à une exposition d’art contemporain, ils resteront déconnectés de la réalité. Ne jamais essayer de leur expliquer quelque chose qui n’est pas  »mainstream » : ils répondront avec une phrase qu’ils ont entendu à la télévision. Politiquement, ils votent écologiste ou socialiste, parfois même au centre-droit, car l’échiquier politique se déplace depuis quelques années vers la droite.

D’un autre côté, la grande famille d’extrême-droite. Bien que cette famille soit très diverse, Marine Lepen et son éminence Florian Philippot ont réussi à en faire une synthèse quasi-parfaite. On y trouve pêle-mêle les catholiques intégristes façon Christine Boutin, les anti-arabes primaires, les vieux antisémites et des pro-israéliens, des pro-Poutine, même des nationalistes corses. Le Front national exergue le nationalisme dans le sud, pour les bourgeois peureux, et le socialisme dans le nord et l’est, pour les chômeurs et les ouvriers. On n’y trouve pas que des skinheads, qui ont les idées aussi courtes que leurs cheveux ; certains plus insérés dans la société sont séduits par l’opposition du parti à l’islam et la mondialisation. On observe aussi de plus en plus une union des droites, tant souhaitée par Patrick Buisson. En cas de victoire du Front national, Les Lepen seraient rejoint probablement par une partie des politiciens de droite – Éric Ciotti, Patrick Devedjian, Christian Estrosi, Nadine Morano, Guillaume Peltier etc. – et leurs électeurs. Une bonne dose de beaufs, une bonne dose de gens issus de la droite traditionnelle, regroupés dans la peur de l’autre, dans la défense de l’ordre et des valeurs d’antan, de la plus mauvaise manière qui soit. Tout le mal viendrait de l’étranger et des étrangers. Dans cette classe d’extrême-droite, on pourrait mettre aussi les fondamentalismes musulmans et les intégristes juifs qui prônent le comunautarisme et l’exclusion de tout ce qui n’est pas comme eux.

Ces deux familles ont des points communs : elles comptent énormément de gens dans leurs rangs. Dans les deux cas, elles sont incultes, se regardent le nombril, sont incapables de donner des réponses correctes à la réalité qui les entourent. Les deux concourent à détruire la France chacune à sa manière, et étant incapables de dialoguer entre elles, pourraint bien mener le pays à la guerre civile.