Mort aux élites

Le gouvernement a proposé une réforme de l’éducation. Tous les gouvernements en font une. Toujours pour améliorer les choses, qui ne s’améliorent pas. On pourrait diminuer le nombre d’élèves par classe, ou donner plus de moyens, pour renforcer un système qui ne fonctionnait pas si mal dans les années 1980. Mais non, on préfère modifier le programme, changer les enseignements, diminuer les heures de cours.

La première version du texte proposé par la ministre prévoyait la suppression du latin et du grec. Maintenant, il n’est plus question de les supprimer mais d’en faire un enseignement « allégé ». Aujourd’hui, seuls 20% des collégiens font du latin, 3% du grec ; et peu d’entre eux continuent au lycée. Il existe des professeurs de langues antique, ainsi que des élèves : alors quel est le problème ? Le ministre Najat Vallaud-Belkacem juge ces matières trop élitistes (sic). Tout cela au profit de huit nouveaux « enseignements pratiques interdisciplinaires » flous, dont un « langues et cultures de l’Antiquité ». Devront être supprimées les classes dites « bilangues », à l’enseignement linguistique renforcé – par exemple, six heures de cours de langue vivante 1 en 6e au lieu de trois. Pourquoi ? Trop élitiste.

Le mot est lancé. L’école va mal, le niveau baisse, faisons la chasse aux élites et aux intellectuels. C’est de l’idéologie et elle a un nom : l’égalitarisme. L’égalité, mais au niveau extrême, qui confond « tous égaux » avec « tous pareil ». En fait, c’est une idéologie qui fait son chemin dans le monde de la pédagogie depuis un moment : plus de notes, plus de redoublement, plus de classes par niveau, rien ne doit ennuyer les enfants ou les brusquer. En définitive, on nivelle par le bas et on égalise dans la médiocrité. L’avantage de tout cela, c’est que l’on supprime des options, des heures de cours et donc on fait de l’éducation un service plus rentable, car ça aussi c’est une idée dans le vent : tout doit être rentable, même la santé ou l’éducation.

Finis les intellectuels, finis les experts. On tend vers une société stupide, heureuse et surveillée.

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