Présidentielles : Le grand n’importe quoi

Il reste une semaine avant le premier tour des présidentielles. La campagne a été rude, et ces derniers jours, tout le monde « pète les plombs ». Tous les jours ou presque, un politicien déclare une absurdité ou retourne sa veste. Voici un petit tour rapide qui illustre l’étendue du désastre.

Nicolas Sarkozy (UMP) a déclaré au début du mois que l’on naît pédophile et que les suicides sont dus à un facteur génétique. Après le nationalisme, on tombe dans l’inné et l’eugénisme : depuis qu’il y a un autre « grand » candidat de droite dans les sondages, la droite extrême se rapproche de l’extrême-droite.

Daniel Cohn-Bendit (Verts), vient de déclarer que les Verts sont « prisonniers d’une culture politique traditionaliste d’extrême-gauche » dans le Parisien. Bon, c’est plutôt normal pour un type qui trouvait bon le TCE et qui prône une alliance Verts-PS-UDF.

Le 17 avril, François Bayrou (UDF) s’en est pris bêtement à Lionel Jospin et Laurent Fabius (PS), qualifiés de représentants de « la gauche la plus archaïque ». En gros pour Bayrou, ceux qui excluent une alliance entre centristes et socialistes sont archaïques. Donc, Bayrou veut bien faire un gouvernement avec la gauche seulement si elle n’est pas de gauche.

Le 10 avril, Bernard Tapie (PRG) déclare dans le Parisien soutenir Sarkozy (UMP). Je ne sais pas si beaucoup de monde apporte encore beaucoup de crédit aux paroles de ce « roublard » de Tapie ; ce n’est peut-être pas un bon soutien pour la droite dure. Cette déclaration était peut-être une déclaration pour « affaires ». Ou alors pour rejoindre son ami, le chanteur Doc Gynéco ?

Le 13 avril, Michel Rocard (PS) a prôné une alliance du PS avec François Bayrou dès le 1er tour. On ne sait pas trop si c’est sincère ou une manoeuvre politique pour tenter de revenir au pouvoir en dépassant la calèche Royal par la droite. En tous cas, 8 jours avant le premier tour, ce n’est vraiment pas sport. Le 14 avril, Bernard Kouchner (PS) fait de même.

Le 18 avril, Les UDF Gilles de Robien, ministre de l’Éducation, et André Santini, député-maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), ont appelé « la véritable famille centriste » à soutenir Nicolas Sarkozy (UMP).

Quant à Ségolène Royal, elle n’a pas dit d’ânerie notable ces deux dernières semaines. Précisons qu’elle en avait dit régulièrement les mois précédents.

Présidentielles : Les mauvaises propositions

J’ai relevé, pour chaque candidat, une ou deux propositions dans son programme qui me paraissent mauvaises, insolites, divertissantes, stupides ou démagogiques. Inutile de préciser que cette liste n’est pas exhaustive, il existe encore beaucoup de propositions étranges ou choquantes dans chaque programme.

Bayrou

– Opposition au mariage et à l’adoption des couples homosexuels

Besancenot

– Vote d’une loi interdisant les licenciements
– Reconnaissance du droit de vote et d’éligibilité à toutes les élections pour les étrangers

Bové

– Embauches massives dans la fonction publique

Buffet

– Interdiction des saisies et des expulsions
– Triplement de l’ISF pour les patrimoines supérieurs à 1,2 millions d’euros

Laguiller

– Baisse de la taxe sur les carburants
– Pas de programme du tout pour sur plein de sujets (exemple: Nouvelles technologies de l’information et de la communication)

Le Pen

– Instauration de la préférence nationale
– Rétablissement de frontières internes à l’Union Européenne

Nihous

– Combattre la politique environnementale des Verts
– Pas de programme du tout pour beaucoup de sujets (ex: défense, politique étrangère)

Royal

– Scolarisation obligatoire à 3 ans

Sarkozy

– Instauration de l’immigration choisie
– Réformes des lois sur la laïcité : l’état pourra participer à la formation et au financement des cultes

Schivardi

– Sortie de l’Union Européenne

De Villiers

– Libéralisation de l’âge de la retraite et abrogation des 35 heures
– Instauration de l’uniforme à l’école

Voynet

– Régularisation de tous les sans-papiers

Électronique ton vote

De plus en plus de communes françaises s’équipent en ordinateurs de vote. Le vote électronique, ça sonne moderne, c’est à la mode, mais ce n’est pas forcément démocratique.

On trouve beaucoup de choses sur le sujet dans la presse et sur internet, je vais donc être bref. Je vous recommande de visiter le site http://www.ordinateurs-de-vote.org, la lettre ouverte de Benoît Sibaud à M. Santini, qui est une argumentation sur les dangers des machines à voter, et l’ article « Soupçons sur le vote électronique », par Stéphane Foucart avec Edouard Bal, dans Le Monde du 20 mars 2007.

Le vote électronique comporte énormément de problèmes, ci-après quelques exemples. Avec une machine, on ne peut pas recompter les voix. Un ordinateur peut planter. On ne peut pas être sûr que si on appuie sur le bouton pour choisir un candidat, la machine n’enregistre pas autre chose même si elle affiche notre vote ; le président et les assesseurs du bureau de vote ne peuvent pas le vérifier non plus. On peut très certainement pirater, c’est-à-dire changer le comportement de la machine (avec un aimant, ou en chauffant un endroit avec un briquet, en changeant une carte mémoire etc.) en peu de temps et avec peu de moyens. Si vous pensez que je suis paranoïaque, sachez que tout cela est déjà arrivé (voir les liens plus haut).

Le système de vote actuel a été conçu pour que quiconque puisse se forger l’intime conviction que le vote s’est déroulé honnêtement. Alors que dans le système des « machines à voter » ie les « ordinateurs de vote », il n’y a aucune transparence. On remet la démocratie entre les mains… d’un ordinateur.

En France 80 villes sont déjà équipées, dont 15 communes des Hauts-de-Seine (92). Plus d’un 1,4 million d’électeurs utiliseront des ordinateurs de vote en 2007. Signez la pétition et parlez-en autour de vous !