Liebe ist zurück

Le 15 juillet 2006 a eu lieu la Love Parade de Berlin. La première Love Parade a eu lieu en 1989 à la chute du mur de Berlin. Essentiellement un événement politique à la base, c’est devenu un événement toujours plus politique. Attirant 150 000 participants en 1994, il y en avait dix fois plus en 1999. Bien sûr tout le monde se souvient du morceau « Meet her at the love parade » de Da-Hool (Frank Tomiczek) en 1997.

Avec plus d’un million de raver ses dernières éditions, la Love Parade est un des plus gros événement de danse au monde. Les gens sont encore là pour faire la fête ensemble, malgré les différences religieuses ou politiques. À noter aussi que la Love Parade est aussi à la base de la Techno Parade de Paris (créé en 1998) et a aussi influencé les gay prides européennes, par sa tolérance envers l’excentrisme et l’exhibitionisme.

Ce n’est pas la meilleure

On le sait désormais, c’est Ségolène Royale qui sera candidate du Parti Socialiste pour la campagne présidentielle de 2007. Ce n’est en fait pas vraiment surprenant, d’autant que les médias tentent de nous persuader depuis des mois qu’il n’y aura que deux candidats, un peu comme on nous a vendu le « oui » au TCE en 2005 ou le deuxième tour Chirac-Jospin en 2002. Méfiance, donc. En tous cas, Ségolène Royale a gagné un round.

Ce n’est pas une catastrophe. Les militants avaient le choix entre trois « éléphants » du parti. C’est sympathique que ce soit une femme, plutôt jeune, qui en sorte. Elle a un certain charisme et un bon impact médiatique, elle présente bien, a priori, c’était le candidat du parti socialiste qui avait le plus de chance de faire un score correct en 2007. Et puis, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, elle est surement meilleure que le petit roquet de l’hôtel de Beauvau. Meilleure aussi que François Bayrou, l’opportuniste qui veut faire croire qu’il est dans l’opposition; j’ai eu l’occasion de le voir parler des logiciels libres aux Rencontres Mondiales des Logiciels Libres, il avait un discours très « campagne électorale » et a omis de souligner pourquoi il était en faveur des brevets logiciels quelques années plus tôt…

Ce n’est pas une catastrophe, mais ce n’est pas génial non plus. J’aurais aimé avoir le choix pour un vrai parti de gauche pour les élections. J’ai peur qu’on ait le choix entre un Parti Socialiste avec un programme pas très courageux et un peu centriste, des Verts qui sont sympas mais qui restent des socialistes qui aiment l’écologie (les deux soutenaient le « TCE ») et des partis d’extrême-gauche qui ont tendance à faire du racisme « anti-riche » et « anti-patron ».

Ce qu’il faudrait, c’est un parti de gauche, mais vraiment de gauche. Avec en priorité, l’éducation, la santé. Avec des consultations populaires. Avec l’arrêt des privatisations et le maintien d’un service public bien organisé et efficace. Avec des aides pour les entreprises. Avec une économie de marché, mais contrôlée : par exemple que les salariés aient droit à une part du gâteau quand leur boîte fait des bénéfices. Avec l’arrêt des politiques sécuritaires et une place plus grande à la prévention plutôt que la répression. Avec également quelques idées pour l’immigration. Oui, tout ça est un brin démago, mais je suis sûr que c’est faisable.

Bon, on aura peut-être pas un chouette parti et un(e) chouette candidat(e). Pour le plus grand parti de gauche, ce sera Ségolène Royale. On verra maintenant qui seront les autres, et qui atteindra le second tour.

Rectifications orthographiques de 1990

Je viens de découvrir, bien en retard, le rapport de 1990 sur les rectifications orthographiques. C’est un rapport qui change l’orthographe de certains mots français. Cette nouvelle orthographe du français n’est pas imposée et il n’existe aucune loi à ce sujet, mais elle est officiellement recommandée par l’Académie Française. Ce n’est pas un projet franco-français : présentées par le Conseil supérieur de la langue française, ces modifications résultent d’un accord entre l’Académie française, le Conseil de la langue française du Québec et le Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique.

Je suis très favorable à une réforme de la grammaire française. Par exemple, mettre un « s » partout au pluriel. Ou toujours accorder le participe passé avec « être » et « avoir », ou ne jamais l’accorder. Cinq ou dix réformes maximum, des choses très simples, facilement assimilables et applicables. En revanche, au sujet d’une réforme de l’orthographe, je suis moins motivé. Je ne suis pas très prêt à l’adopter non plus. L’intention est louable, mais c’est plutôt une perte de temps, même si tout n’est pas à jeter. Certains petits trucs ont été réformé, mais pas d’autres. Explications.

  • 1. Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union.
    C’est plutôt une bonne idée. La règle précédente n’était pas très simple, et peu maîtrisée.
  • 2. Dans les noms composés (avec trait d’union) du type pèse-lettre (verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second élément prend la marque du pluriel lorsque le mot est au pluriel.
    Bien, simple.
  • 3. On emploie l’accent grave (plutôt que l’accent aigu) dans un certain nombre de mots (pour régulariser leur orthographe), au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent sur le modèle de céder, et dans les formes du type puissè-je. Exemple : « événement », « réglementaire », « je céderai », « ils régleraient plutôt que « évènement », « règlementaire », « je cèderai », « ils règleraient ». Observation Devant une syllabe muette, on écrit donc toujours è, sauf dans les préfixes dé- et pré-, les é- initiaux ainsi que médecin et médecine. La règle de base est généralisée : « évènement » ressemble désormais à « avènement » ; « règlementaire » s’écrit comme « règlement ».
    Bof.
  • 4. L’accent circonflexe disparait sur i et u. On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif et en cas d’ambigüité.
    J’aime bien « paraître » et « coût ». Pourquoi juste « i » et « u »? Il est précisé que c’est parce que ce n’est pas très pas justifié par l’étymologie. Bof.
  • 5. Les verbes en -eler ou -eter se conjuguent sur le modèle de peler ou de acheter. Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants. Font exception à cette règle appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler).
    Sans intérêt, surtout s’il y a des exceptions.
  • 6. Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s’appliquent aux mots français.
    Accorder les mots empruntés comme on le fait en français, ça me choque peu pour les mots anglais (« des matchs » paraît normal), mais cela semble déjà plus limite pour les mots provenant d’autres langues, surtout au sujet du latin. Quant à accentuer comme en français, c’est plutôt extrême. On aura ainsi « scénarios » en place de « scenarii », « révolver ».
  • 7. La soudure s’impose dans un certain nombre de mots (…) La soudure est étendue ; au-delà des cas cités dans cette règle, les auteurs de dictionnaires sont invités à privilégier la graphie soudée.
    Cela donne toute une série de mots plutôt laids : « contrappel », « entretemps », « tictac », « portemonnaie ». « Nawak », cela s’écrit en combien de mots ?
  • 8. Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s’écrivent avec une consonne simple. Les dérivés du verbe ont aussi une consonne simple. Font exception à cette règle colle, folle, molle et les mots de la même famille qu’un nom en -otte (comme botter, de botte).
    Sans intérêt.
  • 9. Le tréma est déplacé sur la lettre u prononcée dans les suites -güe- et -güi-, et est ajouté dans quelques mots. (…) Les mots dans lesquels est ajouté un tréma sont : argüer (j’argüe, nous argüons, etc.), gageüre, mangeüre, rongeüre, vergeüre.
    On supprime les circonflexes sur « i » et « u » et on rajoute des trémas là où il n’y en avait pas?
  • 10. Comme celui de faire, le participe passé de laisser suivi d’un infinitif est invariable.
    Comme si l’accord du participe passé n’était pas assez compliqué pour la majorité des francophones. D’autre part, n’est ce pas plutôt de la grammaire, alors qu’il s’agit d’une réforme orthographique ?
  • Quelques anomalies sont supprimées.
    Cela donne des choses étranges, comme : « appâts (nom masculin pluriel), assoir, messoir, rassoir, sursoir, cahutte, charriot, combattif, combattive, combattivité, douçâtre, exéma, imbécilité ».
  • On munit d’accent quelques mots où il avait été omis, ou dont la prononciation a changé : asséner, papèterie, québécois, etc.
    Pourquoi pas.
  • On écrit en -iller les mots anciennement en -illier où le i qui suit la consonne ne s’entend pas, à l’exception des noms d’arbres (comme groseillier) : joailler, serpillère, etc.
    D’accord.
  • Enfin, en cas de concurrence dans l’usage, on privilégie la forme la plus francisée (leadeur plutôt que leader), la graphie sans circonflexe (allo plutôt que allô), le pluriel régulier, etc. Cette recommandation concerne surtout les auteurs de dictionnaires et est particulièrement valable pour la création de mots.
    Quitte à modifier « leader », pourquoi pas « lideur » ? Surtout, pourquoi pas « chef » ? L’idée de forme francisée est d’une laideur assez conséquente.

Je ne sais pas si tout cela change grand chose. D’ailleurs, après seize ans, ces recommandations sont loin d’être adoptées, même par les dictionnaires. Ainsi, Larousse ne les a adoptées que partiellement. Comme dirait Erich Maria Remarque : Im Westen nichts Neues .