Belgay

La Belgique a ratifié une loi aujourd’hui autorisant les couples homosexuels à adopter des enfants. Maintenant que cette nouvelle loi a été définitivement approuvée, les homosexuels vont partager les mêmes droits que les couples hétérosexuels pour l’adopion d’enfants.

Dans d’autres endroits du monde, d’autres pays ont déjà inscrit dans la loi le droit des homosexuels à adopter des enfants. L’adoption par des couples homosexuels est légale en Suède, en Andorre et en Espagne. Aux Pays-Bas également, à la condition que les enfants adoptés aient la nationalité néerlandaise. L’Islande, la Norvège, l’Allemagne et le Danemark autorise l’adoption des enfants par le conjoint dans le cadre d’union civile. Au Canada l’adoption relève de la compétence provincial, l’adoption par des couples homosexuels sans restrictions y est légale dans 9 provinces. Aux États-Unis d’Amérique, 10 états l’autorise, de même qu’en Angleterre et que dans le Pays de Galles. En Australie, l’adoption par des couples homosexuels est légale dans le Territoire de la capitale australienne et l’Auustralie occidentale, l’adoption d’un enfant du conjoint en Tasmanie.

Je suis heureux au sujet de cette loi belge, mais il me reste un goût un peu amer. Pourquoi cette loi n’existe t-elle pas dans tous les pays, en particulier les états démocratiques? Il est évident que la parenté et l’éducation d’enfants de parents homosexuels ou hétérosexuels est similaire. La seule différence entre les deux types de couples sont les choses qu’ils font ensemble, dans la chambre à coucher. Les enfants ne verront jamais cela, ils ne participent pas à la vie sexuelle de leurs parents! La question « doit-on approuver l’adoption par des parents homosexuels ? » sonne aussi stupide que « doit-on approuver l’adoption par des parents noirs ? ». Les homosexuels sont des citoyens comme les autres, à ce titre ils doivent jouir des mêmes droits que tout un chacun: mariage, adoption, etc.

Belgay

Belgium has voted into law today a bill allowing homosexual couples to adopt children. Now that this new law has been definitively approved, they will share the same rights as heterosexual couples to adopt children.

Elsewhere in the world, some other countries have already enacted laws granting homosexual couples the right to adopt children. Gay adoption is legal in Sweden, Andorra and Spain. In the Netherlands too, but the child adopted need to have the Dutch nationality. Iceland, Norway, Germany and Denmark allow ‘stepchild-adoption’ so that the partner in a civil union can adopt the natural (or sometimes even adopted) child of his partner. In Canada adoption is within provincial/territorial jurisdiction, and thus the law differs between each province and territory; gay adoption is legal without restrictions in 9 provinces/territories. Within the USA, 10 states allow adoption without restrictions by openly gay and lesbian couples, as England and Wales in United Kingdom. In Australia, gay adoption is legal in the Australian Capital Territory and Western Australia, step-child adoption in same-sex couples is possible in Tasmania.

I’m very happy about this new Begian law. But something makes me still sad. Why this law doesn’t exist in all countries, especially in democratic ones? Obviously the effects of parenting conducted by same-sex couples and that of heterosexual couples will be quite the same. The only difference between homo- and heterosexual parents is the things they do together, when they are in their bed. But, the children never see that, they never participate in any way in the sexual life of their parents! To me, the question ‘do we have to approve adoption by gay people?’ is as stupid a question as ‘do we have to approve adoption by Black people?’. Gays are as much citizens as other people. In a democracy, they must have exactly the same rights as everybody : marriage, adoption etc.

Laïcité et symboles cultuels

Début janvier, je me réjouissais de la montée de l’athéisme en France. Un lecteur m’a fait part de quelques commentaires intéressants. Tout d’abord, je l’en remercie vivement, car je pense que c’est là toute la force des blogs : un auteur expose son point de vue dans un article, et ensuite les lecteurs peuvent nuancer son point de vue, apporter des précisions ou critiquer la thèse présentée. Au final, l’article se trouve enrichi des commentaires et/ou peut prolonger la discussion… comme c’est le cas ici.

Tout d’abord, soyons clair. Je sais bien que les croyants ne sont pas tous intégristes. J’ai conscience que tous les chrétiens ne vivent pas comme les Amishs et ne se considèrent pas comme des croisés, je sais aussi que les juifs pratiquants ne sont pas tous membres du Bétar et que les musulmans ne sont pas des méchants terroristes barbus. De plus, chacun a le droit de croire en ce qu’il veut : tant que ça reste du domaine de la sphère privée et que ça n’empiète pas sur les libertés d’autrui, les gens qui pratiquent une religion ne me dérange aucunement. Simplement, je me réjouis de la baisse du nombre de croyants – même modérés – dans certains pays occidentaux, parce que je juge qu’à notre époque moderne, les gens instruits ne devraient pas avoir besoin de se rattacher à cette croyance en un être supérieur, pas plus qu’à l’astrologie, l’alchimie, la voyance ou le dahu lévogyre.

Il est un autre point que je me dois également de préciser. J’ai dépeint les croyants comme des gens naïfs et malléables. C’est une généralisation, mais je pense que c’est majoritairement le cas. Je pense qu’il y a plus de gens qui sont croyants par tradition que par conviction. Par exemple, presque tous les croyants ont la même religion que leur parents, n’est-ce pas une preuve que l’on suit la masse? Pourquoi être chrétien et pas musulman, scientologue ou boudhiste? Oui, il y a des gens qui ont des convictions, qui pratiquent leur religion avec les yeux ouverts et le cerveau qui marche. Ils y en a beaucoup d’autres, qui ne sont pas pratiquants mais qui vont se marier dans un édifice religieux parce que c’est la tradition, qui pensent que dieu existe « parce que c’est comme ça » et qui sont croyants uniquement parce la religion les encadre depuis tout petit. On notera d’ailleurs que toutes les religions enseignent leurs idéologies aux enfants dès le plus jeune âge, pour les empêcher de douter par la suite.

On présente souvent la religion comme quelque chose de très utile dans une société, car les grandes religions monothéistes prônent un certain nombres de « bonnes valeurs » telles que le partage, le pardon, l’amour, la générosité. Il faudrait donc déplorer une baisse du nombre de croyants? Au contraire! Ces valeurs n’ont rien à voir avec la religion, elles existent avec ou sans religion. On peut être honnête, aimable, gentil, généreux, c’est à dire avoir une éthique ou un sens moral, sans être croyant. De plus les trois quarts des religions qui se targuent d’avoir un rôle social en diffusant des bonnes valeurs ont en parallèle un discours pas toujours reluisant (misogyne, homophobe…).

Quoi qu’il en soit, comme j’ai écrit plus haut, chacun est libre de penser et de croire ce qu’il veut. Je suis un fervent participant de la laïcité. D’ailleurs, c’est l’occasion de rappeler que cette dernière n’existe que dans de trop rares états : la France (sauf Alsace et Moselle), le Mexique, l’Inde, le Japon, les cantons suisses de Genève et Neuchatel et en théorie le Portugal et la Turquie. La laïcité indique que chacun a droit à la liberté de culte. Elle marque aussi la séparation entre l’église et l’état : la religion devient une affaire qui concerne la sphère privée. Mais la liberté de culte ne veut pas dire qu’il faut respecter les symboles religieux! Il est évident que pour tout croyant, quand on critique son (ses) dieu(x) ou les symboles qu’il aime, ça ne lui fait peut-être pas plaisir… mais il devrait être fier d’habiter dans un pays ou cela est permis! Je ne comprends pas les gens qui déclaraient lors de l’affaire des caricatures de Mahomet que la liberté de la presse devait avoir des limites. Je suis de même extrêmement surpris que la justice ait voulu interdire la Cène de Marithé et François Girbaud. Un respect mutuel est important dans notre société, ce qui permet à chacun de croire ou pas et de vivre ensemble. Les symboles cultuels doivent-ils être respectés? Si oui, il ne faut pas caricaturer Saint-Pierre ni tuer de vaches, car elles sont sacrées pour les hindous. Ni manger de porc, pour ne choquer personne. Il faut aussi respecter les symboles bouddhistes, shintoïste, mormons, témoins de jéhovah, taoïste, scientologue, juifs et toutes les religions dont je n’ai pas la chance de connaître l’existence. Doit-on doit également arrêter de se moquer du Paris Saint-Germain pour ne pas heurter la sensibilité des parisiens fanatiques de football? C’est absurde. Non, le respect, c’est justement que les symboles cultuels doivent seulement être respectés pour ceux qui pratiquent le culte en question. Ou alors, on va vers la censure, des atteintes à la liberté d’expression ou pire, le délit de « blasphème ».

Impressions sur Manhattan

Et si on parlait un peu de Manhattan? La première chose qui marque à New York, ce sont les policiers: il y en a partout. Des policiers pour la circulation, des patrouilles, des policiers très militarisés. Tellement, qu’en tournant sur soi-même, il est rare qu’il n’y ait pas au moins un policier dans notre champ de vision. La sécurité, probablement depuis le 11 septembre 2001, est omniprésente: bornes pour empêcher les voitures de se garer devant certains bâtiments, portiques de sécurité (curieusement seulement à partir du 1er étage dans l’Empire State Building).

La sécurité exagérée, c’est aussi celle de la frontière américaine: à la frontière, on a la désagréable impression d’entrer en prison. On doit répondre à des questions peu intelligentes posées par des douaniers peu avenants, voire autoritaires, parfois complétement impolis ou ignorants. On a ainsi demandé à un européen pourquoi il était allé en Tunisie, en insistant qu’il s’agit d’un pays musulman. La personne était là-bas dans un club de vacances, mais on la regardait comme si elle était candidate au jihad. Enfin, les douaniers avaient l’air d’être plus pénibles avec certaines nationalités. Les douaniers aiment faire patienter des heures et poser un tas de questions aux Syriens (leur pays fait partie de l’axe du mal désigné par George W. Bush). C’est aussi le cas pour les Français, à cause de l’opposition de la France à la seconde guerre du Golfe, à cause aussi de l’inculpation du Français Zacarias Moussaoui pour les attentats du 11 septembre 2001, et aussi plus largement du « French bashing » de type fuckfrance.com.

Deux autres choses marquantes visuellement sont la hauteur des tours, masquant le ciel, et l’abondance taxis jaunes. Plus surprenant et tristement inadéquats, on voit aussi des bus rouges londoniens. Enfin, inévitable est le cadastre en damier avec les avenues verticales et les rues horizontales, coupées par Broadway.

Le luxe de Manhattan contraste avec la pauvreté d’Harlem, qui sans être misérable, n’est pas très attrayant. New York, c’est aussi la multiculturalité. Il y a le quartier chinois, avec des magasins avec des rayons entiers de contrefaçon (alors que le maire Rudolph Giuliani a publiquement annoncé que la contrefaçon avait disparu dans la ville) et la poste où tout est écrit en mandarin. Il y aussi les hispanophones très nombreux, à tel point qu’un vendeur peut vour parler directement en espagnol dans un magasin de jeans Levi’s. À Times square, on sent le rêve américain. Au de jouets FAO Schwarz, avec sa parade, son grand piano sur lequel on danse et ses vendeurs déguisés, on apprécie les talents qu’ont les Américains pour le commerce.

La France, un pays qui refuse d’évoluer

On entend fréquemment que la France est un pays qui refuse d’évoluer. Les Français protestent tout le temps, n’arrêtent pas de faire grève ! Je reconnais que certains citoyens sont des assistés et « profitent du système ». On a l’impression aussi que certains groupes politiques d’extrême gauche font toutes les manifestations presque par réflexe, et que probablement le jour où il y aura une manifestation anti-extrême gauche, ils seront là avec les mêmes slogans, les mêmes banderoles et le même discours que d’habitude. Il y a aussi des fainéants qui sont prêts à faire toutes les grèves pour ne pas travailler, et des gens qui sont au chômage parce qu’ils ne se bougent pas pour chercher du travail. Oui, ça existe. Tout le monde est-il comme ça? Certainement pas.

Alors, les Français sont-ils hostiles au changement? Je ne crois pas. Le problème, c’est que depuis 2002, le mot réforme est toujours associé à des changements réactionnaires. Et il se pourrait bien que la droite veuille faire culpabiliser ses concitoyens pour leur vendre ses réformes moribondes. Nos sympathiques membres du gouvernement veulent que les gens travaillent plus, et soient moins payés ; qu’ils acceptent plus de précarité, moins d’aide sociale, moins de remboursements de santé. Le peuple devrait-il accepter tout ça sans broncher ? Et en plus dire merci ? Je passe sur le fait que les seuls qui doivent faire des sacrifices, ce sont les plus pauvres et les plus jeunes (comme pour le projet de loi CPE). Parce que renoncer à ses privilèges, c’est évidemment juste pour « la France d’en bas ». Ainsi, les patrons des grandes entreprises françaises continuent de partir avec des indemnités en millions d’euros et de se faire voter des augmentation faramineuses…

Les gens ont raison de s’indigner encore et de vouloir conserver leurs acquis sociaux qui font de la France un pays plus juste que d’autres. Ils ont raison de manifester quand ils ne sont pas d’accord, ce n’est forcément parce qu’ils sont conservateurs. Par exemple, beaucoup d’électeurs qui ont voté « non » au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen ont exprimé leur volonté de bâtir une autre Europe. En fait, j’espère que les gens continueront de se battre longtemps quand des politiciens qui les méprisent veulent leur supprimer leurs droits.

Certains disent que c’est la seule solution : la France doit bouger, elle doit se réveiller, l’humain doit s’adapter à l’économie et renoncer aux acquis sociaux qui la freine. Prenons exemple sur le Canada et les États-Unis d’Amérique, ceux sont des pays riches et leur économie fonctionne bien ! Génial. Mais en Amérique, si tu es pauvre et que tu es malade, tu meurs. Les universités sont privées et coûtent très cher. Le service public n’y existe tout simplement pas. Est-ce vraiment un exemple à suivre? Les Français sont donc des fainéants jamais contents et conservateurs, ou alors des gens qui défendent leurs libertés et ont une autre vision du monde que celle de leur gouvernement?

Quand j’entends que la France refuse d’évoluer, j’aimerais bien voir sa réaction si on lui proposait des réformes progressistes. Des vrais changements qui redonneraient à certains l’envie de croire en l’avenir, mais sans en abandonner d’autres sur le bord de la route. Arrêtons le pessimisme. La France reste un des pays les plus riches du monde, elle a non seulement les moyens d’évoluer sans supprimer tous les avantages sociaux, mais pourrait même en faire sa force. Il faudrait arrêter de vouloir sans cesse copier l’Amérique si différente alors qu’il existe d’autres exemples de pays socialement fort qui réussissent bien, comme la Suède.