Nul ne doit être agressé pour ses idées

Ce weekend, le journaliste politique Éric Zemmour s’est fait copieusement insulter, menacer et cracher dessus par un individu qui s’en est vanté sur les réseaux sociaux. Beaucoup ont condamné cette agression, dont le président de la République, ce qui est tout à son honneur même s’il y a sans doute une arrière-pensée politique. En revanche, on voit un certain nombre de publication sur le thème de « oui, mais » qui grosso modo, accusent Éric Zemmour de récolter ce qu’il sème. C’est vrai, Éric Zemmour est un polémiste qui assène sa vision de la réalité de manière très directe, il fait parfois des amalgames assez odieux et il aime bien désigner des boucs émissaires. Le journaliste reste cependant sur le plan intellectuel, s’exprimant dans des débats ou dans des livres, avec assez souvent des interlocuteurs qui lui donnent la contradiction. Surtout, cela ne justifie en aucun cas la violence.

En France, personne ne devrait être agressé pour ses idées. Ni Éric Zemmour, ni Alain Finkielkraut, ni Dieudonné, ni Marine Le Pen, ni Arlette Laguiller, ni Emmanuel Macron. Aucun journaliste, intellectuel, homme politique peu importe le parti, ne devrait être agressé pour ce qu’il a dit ou écrit. On a le droit d’être en désaccod complet avec une personnalité, ou de se sentir insulté, mais il faut se défendre par le verbe et non par les poings. Personne ne devrait être agressé tout court bien entendu, mais agresser pour des idées, c’est être contre la démocratie.

Les publications accusant Éric Zemmour de l’avoir bien cherché sont du même acabit que les gens qui refusent de condamner l’assassinat des caricaturistes de Charlie Hebdo car ces derniers avaient blasphémé. Ces publications prennent parti pour le totalitarisme. En accusant Éric Zemmour de l’avoir bien cherché, elles défendent, sans le savoir, ceux qui veulent imposer leur point de vue par la force, faire taire les autres coûte que coûte, étouffer le débat et imposer leur vision du monde comme unique valable.

Salvini contre les ONG

Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, a gestisculé ces deux dernières semaines, pour empêcher l’accostage du navire de sauvetage Sea-Watch 3. Le bateau de l’ONG ne contient que 40 réfugiés, mais Salvini, en expert des médias, s’en sert. Salvini attise les haines et le nationalisme pour s’accaparer encore un peu plus du pouvoir, dans un context politique particulièrement favorable : le mouvement 5 étoiles a été phagocyté par son allié, tandis que la droite de Berlusconi comme la gauche de Renzi peinent à convaincre les électeurs après leur expérience désastreuse du pouvoir.

Sea-Watch est une ONG qui participe au sauvetage des migrants en Méditerranée. Même si les ONG favorisent peut-être indirectement le travail des passeurs, elles ne font que sauver des vies en mer et n’organisent en aucune sorte l’immigration de réfugiés, qui, désespérés, sont prêts à prendre la mer coûte que coûte, navires humanitaires ou pas. Sea-Watch sauve des gens de la noyade, ce qui est simplement du bon sens. Elle les remet ensuite dans un port sûr, selon le droit international de la mer, où ces personnes peuvent être prises en charge. C’est la raison pour laquelle les réfugiés sont déposés en Italie et non pas en Libye, où les immigrés subissent de mauvais traitements. Les ONG remplissent un rôle humanitaire que les états ne remplissent pas. Sea-Watch, comme par exemple SOS Méditerranée, Médecins sans Frontières ou la Croix Rouge, sont là pour aider bénéveloment à palier une crise dont elles ne sont pas à la cause. Aucun état ne devrait s’en prendre aux ONG, qui sont pacifiques et utiles à la société, quand bien même le gouvernement n’approuverait pas leurs actions.

Disons le tout de suite, le cas des 40 migrants de SeaWatch-3 est un non-problème. Durant les deux dernières semaines, plus d’une centaine d’autres réfugiés sont arrivés à Lampedusa et ont été pris en charge sans aucune réaction du gouvernement. De plus, l’archevêque de Turin Cesare Nosiglia s’était dit pris à accueillir les migrants, tout comme le maire de Livourne : par conséquent, ces réfugiés ne représentent que très peu de charge pour l’état. Enfin, il y a très peu de navires de sauvetage en Méditerranée, en regard du nombre d’embarcations de fortune contenant des réfugiés. Ainsi, en juin 2019, le Sea-Watch 3 est le seul navire humanitaire au large de la Libye : une goutte d’eau dans l’océan. Cependant, Matteo Salvini veut faire du SeaWatch-3 un symbole fort. Il a compris le pouvoir des médias et cherche tout ce qui peut lui permettre d’occuper la lumière en permanence.

Les réfugiés affluent en masse en Italie, en Grèce ou en Espagne, ces pays étant ensuite livrés à eux-mêmes pour gérer cette immigration conséquente. C’est bien sûr un problème. Cependant, plutôt que de s’en prendre à Sea-Watch, Matteo Salvini devrait passer moins de temps dans les médias et plus de temps dans son bureau. Le problème de l’immigration ne peut être résolu qu’à un niveau diplomatique et international, en travaillant sur la répartition des réfugiés, ainsi que contre les conflits armés et les catastrophes écologiques. Surtout, il devrait passer plus de temps à Bruxelles à essayer de porter ce sujet au niveau européen. C’est là que la bât blesse. Comme le rappelle Le Monde, dans son éditorial du 27 juin, « M. Salvini n’a […] pas jugé utile d’être présent à six des sept réunions des ministres de l’intérieur qui ont eu lieu depuis sa nomination, en juin 2018 ». De plus, le chef de file de la Ligue dit souhaiter la relocalisation automatique des demandeurs d’asile dans les pays de l’Union, mais il fustige dans les médias l’Allemagne (Sea-Watch est une ONG allemande), les Pays-Bas (le bateau Sea-Watch 3 bât pavillion néerlandais) et fréquemment la France, des pays qui y sont favorables. Pendant ce temps là, il passe sont temps à faire du pied à l’extrême-droite autrichienne ou à Viktor Orbán, opposés à cette mesure.

De même, Salvini stigmatise systématiquement les réfugiés et les étrangers, les accusant par exemple de trafics de drogue. Pourtant, tout le monde sait que c’est la mafia (‘Ndrangheta, Sacra Corona Unita etc.) qui organise le trafic. Il les accuse aussi de voler le travail aux Italiens. Pourtant, ce sont des Italiens qui exploitent les Africains dans l’agriculture, les faisant travailler et dormir dans des conditions dignes de l’esclavage, avec la complicité des autorités. D’autre part, si le taux de chômage des jeunes de 18 à 24 ans est d’environ 30% depuis plusieurs années, ce n’est pas la faute des immmigrés, mais d’une politique inefficace. L’immigration non contrôlée est un vrai souci, mais ce n’est sans doute même pas dans le top 10 des problèmes de l’Italie. La corruption, un système universitaire inefficace, le sous-investissements des entreprises italiennes, le chomâge et les emplois précaires, le faible respect de la loi, l’emprise de la mafia sont autant de problèmes qui n’ont aucun rapport avec les gens venus d’ailleurs qui fuient des conditions de vie souvent horribles. Matteo Salvini se trompe volontairement de cible. C’est un peu comme si dans le cas d’un incident criminel, au lieu de rechercher les coupables, on accusait les victimes et on entravait le travail des pompiers. Enfin, avant de s’attaquer aux émigrés, Salvini devrait également penser à ses concitoyens. Des millions d’Italiens ont émigré au nord des Alpes ces dernières années (160 000 en 2018) en recherche d’une vie meilleure – eux aussi sont des immigrés dans leur pays d’accueil.

Le ministre de l’Intérieur italien veut détruire les ONG car elles offrent une alternative à son discours nationaliste. Il cherche à les déstabiliser, par des attaques administratives (perte de pavillion, interdictions de débarquer, amendes, navires placés sous séquestre) et des menaces sur leurs membres (poursuite en justice de l’équipage). C’est la même méthode qui avait été appliquée contre la réussite en matière d’accueil de migrants par l’ex-maire de Riace, Mimmo Lucano. Menaces, intimidations, harangues, ce sont là les méthodes classiques de l’extrême-droite au pouvoir.

Gilets jaunes : la stratégie du gouvernement

Trois semaines après le début du mouvement des gilets jaunes, la technique du gouvernement, reprise par les partisans du président de la République, est celle de la manipulation de l’information. Dès le premier jour de la contestation, lors de la manifestation du samedi 17 novembre 2018, des incidents sans rapport direct avec le mouvement sont recensés : ainsi, une agression homophobe, des blessés légers (dont des altercations entre automobilistes et piétons). Cela continue les jours suivants, avec une multitude de détails sur les blessés ou les débordements, qui sont pourtant le lot de toutes les manifestations de cette ampleur en France avec plusieurs centaines de milliers de manifestants. On monte en épingle les casses faits dans la capitale, alors qu’ils sont l’oeuvre d’une petite minorité de manifestants violents, par provocation ou par désespoir, mais aussi de casseurs de banlieue qui viennent simplement pour voler et détruire sans aucune conscience politique. Plus grave, on a aussi souvent l’impression que la préfecture ne fait pas le nécessaire pour empêcher les débordements – peut-être pour ternier l’image des gilets jaunes.

Une autre technique visant à discréditer les militants visent à tenter de leur apposer une étiquette. On a ainsi accusé les militants d’être anti-écologistes, car ils manifestaient à l’origine contre la hausse des prix du carburant automobile. En réalité cette hausse est simplement la goûte d’eau qui a fait déborder le vase après les cadeaux faits à la grande bourgeoisie (ISF, flat tax sur les revenus financiers) et l’augmentation des taxes pour les plus démunis et les classes moyennes (baisse des APL, hausse de la CSG). Fréquemment on a aussi qualifié les gilets jaunes d’être d’extrême-droite, car certaines personnes interviewées sont des militants d’extrême-droite. C’est un raccourci mensonger : le mouvement des gilets jaunes est largement non partisan et s’est développé en dehors des partis traditionnels, sur Internet et dans la rue. Aucun parti politique n’a la main sur le mouvement même si certains le soutiennent, à droite, à gauche comme au centre (Rassemblement national, France Insoumise, Les Républicains, les centristes de Jean Lassalle). Enfin une dernière technique a été créée pour essayer d’éroder le mouvement. Les médias ont communiqué sur la création de groupe de foulards rouges dans le sud de la France, qui seraient opposés aux gilets jaunes. Le choix de la couleur rouge est assez intéressant, couleur normalement celle des communistes ou des révolutionnaires, mais rarement celle de la bourgeoisie. Diviser pour régner? Enfin, on a aussi accusé les gilets jaunes de plomber l’économie française, ce qui est assez maladroit, sachant que le mouvement s’est créé sur des problèmes économiques.

Emmanuel Macron doit son élection à la communication et au marketing, c’est donc à travers ce prisme qu’il a essayé de se sortir de la crise. Le gouvernement s’est donc attelé avec vigueur à la désinformation ou manipulation de l’information. En revanche, pour le reste, il a fait preuve d’un amateurisme effarant. D’une part, le mouvement de protestation a été grandement sous-évalué. Ensuite, Emmanuel Macron a voulu répondre à la contestation avec arrogance et fermeté. Ainsi, pour la manifestation prévue samedi 8 décembre, Édouard Philippe a annoncé vouloir déployer à Paris des véhicules blindés Berliet VXB 170 de la gendarmerie alors qu’ils n’ont jamais été utilisés auparavant dans la capitale. Déjà, la presse a reporté lors de ces dernières semaines l’utilisation de plusieurs dizaines de milliers de grenades lacrymogènes. C’est une erreur : on ne gagner face à la colère, la haine ou des groupes radicalisés avec une escalade de la violence. Ce qu’il faudrait, ce sont des gestes d’apaisement, du dialogue. Or, le chef de l’état, le gouvernement et les députés de la majorité ne se sont exprimés que pour condamner le mouvement sans montrer la moindre empathie. Le gouvernement a attendu le 30 novembre pour recevoir ses manifestants et le 4 décembre pour faire un geste timide (le renoncement provisoire à la taxe sur les carburants).

On peut aussi noter que si le gouvernement et les partisans d’Emmanuel Macron ont eu du mal à voir venir la contestation, c’est parce qu’ils sont assez isolés. Macron a été élu par les classes moyenne supérieures et la bourgeoisie, par des électeurs essentiellement situés à Paris et dans les grandes métropoles. De plus, il n’a pas véritablement de parti ancré dans les territoires et ne possède donc pas de nombreux relais locaux. La géographie des dons de la campagne d’Emmanuel Macron, révélée par le Journal du Dimanche daté du 2 décembre, montre que 56% des dons viennent de l’Île-de-France et 14% d’expatriés. Avec 800 000 euros de dons, le Royaume-Uni rapporte plus que l’ensemble des dix plus grandes villes françaises de province. Or, la contestation est partie de personnes modestes, vivant majoritairement en Province dans des territoires jugés délaissés par les pouvoirs publics. Le président est donc à la tête d’un pouvoir qui souffre d’un déficit de resprésentativité. Rappelons aussi qu’il n’avait fait que 24% au premier tour en 2017, trois quarts des Français ne lui ayant pas accordé leur confiance.

La colère et la baisse du pouvoir d’achat n’est pas l’unique fait des gouvernements d’Édouard Philippe. Ce dernier ne fait que poursuivre, avec parfois un peu plus de fermeté, la politique menée par François Fillon et Manuel Valls. Cependant, le gouvernement paye le mépris qu’il affiche pour les Français pauvres, eux qui travaillent parfois durs mais sont qualifiés de « Gaulois réfractaires au changement » du libéralisme et de la finance internationale.

Ballon d’or 2018

Le Ballon d’or est sans doute une des plus fameuse récompense dans le monde du football. Elle est attribuée au meilleur joueur de football de l’année, non pas par un groupe de professionnels (joueurs, entraîneurs) mais par des journalistes sportifs. Or, comme toujours, ce classement pose question. Le premier prix a été attribué à Luka Modrić. Peu de contestation pour cela : c’est probablement le meilleur joueur à son poste, il a fait une bonne saison 2017-2018, il est arrivée en finale de la Coupe du monde avec la petite Croatie et a gagné la ligue des Champions avec son club – victoire entachée par l’attentat de Sergio Ramos sur Mohamed Salah, mais passons. En revanche, la deuxième place est attribuée à Cristiano Ronaldo. Certes, Cristiano Ronaldo est une machine à but, presqu’un robot, on lui passe la balle et il la met dans le but, avec le pied bien sûr mais aussi la tête, la cuisse, le genou. Cependant, il a été éliminé avec son équipe en 1/8e de finale de la Coupe du monde et son début de saison au Real Madrid en 2017 était plutôt décevant. Enfin, le troisième est Antoine Griezmann. Champion du monde, malgré un démarrage difficile pour lui dans la compétition, vainqueur de la ligue Europa, c’est un attaquant brillant. Bref, Ronaldo comme Griezmann sont des bons joueurs, mais on voit un biais très présent dans le classement (mais aussi dans les médias) depuis ses débuts : la survalorisation des attaquants. C’est l’attaquant qui marque les buts, toutefois ce n’est pas à lui seul que l’on doit une victoire! Sans ses collègues pour lui passer la balle ou pour protéger le but, l’attaquant n’est rien. Par exemple, ce n’est pas faire injure à Cristiano Ronaldo que de noter qu’il a toujours été entouré d’excellents passeurs.

On pourra s’étonner de ne pas trouver Raphaël Varane (7e) sur le podium, lui qui a gagné la ligue de Champions avec Modrić et gagné la coupe du Monde avec Griezmann en étant un des piliers de la défense. On peut aussi être surpris que N’Golo Kanté (11e) ne remporte pas davantage de suffrages, lui qui est particulièrement brillant dans le championnat anglais. On regrettera aussi qu’entre 2009 et 2017, le Ballon d’or ait été partagé entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, laissant de côté des joueurs exceptionnels tels que Marcelo, Manuel Neuer, Andrés Iniesta, Gianluigi Buffon, voire Bastian Schweinsteiger ou Andrea Pirlo. Au final, c’est le poste qui favorise le classement. Il y a quasiment systématiquement au moins 2 attaquants dans le podium, le gagnat est presque toujours un attaquant, parfois un milieu. Seuls 3 défenseurs ont obtenu le Ballon d’or depuis 1956 – Franz Beckenbauer, Matthias Sammer, Fabio Cannavaro – et un seul gardien, Lev Yachine.

Coupe du monde de football 2018 – Bilan de la phase de groupes

La phase de groupes de la coupe du monde de football 2018 vient de s’achever. Demain, c’est déjà les huitièmes de finales. Alors, quel bilan en tirer? Tout d’abord, les favoris déçoivent. L’Allemagne a été franchement mauvaise et est éliminée dès le premier tour, en perdant au 3e match par la petite équipe de la Corée du Sud. Son équipe composée pour moitié de joueurs d’expérience, Özil, Boateng, Müller, Kroos, Khedira, champions du monde en 2014, a manqué de vigueur et peut-être de motivation. Neuer, le gardien rentré de blessure, n’aura pas pu sauver son équipe. L’équipe d’Espagne s’est qualifiée avec peine, même si elle finit première de son groupe, faisant deux matchs nuls et ne battant que l’Iran. Là aussi, une équipe avec beaucoup de « vieux » : Piqué, Ramos, Busquets, Inesta, Costa ou David Silva. Certes, de très bons joueurs mais qui n’ont pas brillé. La France a bien géré la phase de groupe, en gagnant les 2 premiers matchs de la phase de groupes, mais elle n’aura épaté personne. Griezman n’a pas animé l’équipe comme espéré (peut-être parce qu’il n’est pas meneur de jeu, comme le voudrait l’entraîner, mais simplement attaquant), l’équipe semblait endormie. Quant au Brésil, il finit premier de son groupe avec 7 points, mais il a fait match nul contre la Suisse.

Et les autres équipes ? Regardons quelques groupes. Dans le groupe A, l’Uruguay de Suárez et Cavani a gagné tous ses matchs, mais son groupe était assez facile. La Russie a impressionné les foules… en gagnant contre l’Arabie Saoudite et l’Égypte. Le groupe B a finalement montré un résultat serré. L’Iran s’en sort bien, à 1 point seulement du Portugal et de l’Espagne. Le Portugal a de la chance d’avoir Cristiano Ronaldo qui sait mettre des buts dès qu’il a un ballon sur le pied, car il n’a pas été impressionnant. On est déçu pour le Maroc qui a très bien joué. Il a dominé presque tout son match contre le Portugal (qu’il a au final perdu) et il a fait match nul contre l’Espagne. Cependant il a pêché en défense et manqué de concrétisation en attaque. Le Maroc aura néanmoins montré de la passion et du talent propre au Maghreb : on se souvient de la bonne coupe du monde 2014 de l’Algérie, qui avait dû s’incliner contre le futur champion allemand en 1/8e de final après un match d’un très haut niveau. Le groupe D a été passionnant. L’Argentine a beaucoup déçu, elle a même failli ne pas passer le premier tour, surtout en face d’un Nigéria qui a été très appliqué lors du 3e match. Malgré son attaque de folie (Messi, Higuaín, Dybala), les Argentins ont fait un jeu assez mauvais, en ayant recours comme les petites équipes à de mauvais gestes pas très fair-play. Avec seulement 4 points, l’Argentine passe cependant. L’Islande, quart de finaliste à l’Euro 2016, a développé un jeu d’un très bas niveau. Dans ce groupe D, l’équipe qui a vraiment séduit est la Croatie. Elle a gagné tous ses matchs (2-0, 3-0, 2-1). Même si c’est un petit pays avec ses 4 millions d’habitants, l’équipe nationale a Rakitić et Mandžukić, mais surtout un fameux capitaine. Luka Modrić est pour moi un milieu relayeur exceptionnel, un des meilleurs joueurs au monde, injustement moins célèbre que Ronaldo ou Messi. Le groupe G a accueilli deux très bonnes équipes, la Belgique qui a gagné tous ses matchs et l’Angleterre emmenée par Kane. Enfin, le groupe homogène H a la particularité de voir passer le Japon, pourtant a égalité totale avec le Sénégal, juste au fair-play, les Nippons ayant eu moins de cartons. On peut regretter qu’aucune équipe africaine (Nigéria, Maroc, Tunisie, Sénégal, Égypte) n’ait réussi à se hisser dans la phase finale de la compétition.

Alors, à l’aune des 1/8e de finale, quelles prédictions? La Croatie comme la Belgique semblent en pleine forme, elles arriveront sans doute en quart de finale. La France, sur le papier, fait définitivement partie des favoris, elle peut aller la loin dans la compétition si elle élève un peu son niveau de jeu. Le Brésil étant le Brésil, il peut faire quelque chose mais cela reste hypothétique. Neymar est excellent dribbleur mais il n’est efficace devant le but. Marcelo est exceptionnel mais l’équipe aurait été plus forte avec Dani Alves, absent suite à sa blessure face aux Herbiers en coupe de France. L’Espagne, le Portugal et l’Argentine ne semblent pas en mesure d’arriver au bout.